AccueilA La UNEFinalement, l’Europe ne se porte pas si mal…

Finalement, l’Europe ne se porte pas si mal…

C’est le constat dressé par plusieurs journaux ce matin. En premier lieu, Libération : « cette Union qu’on disait exsangue s’avère plutôt bien portante. »

En effet, précise Libé, « contrairement à tant de pronostics sinistres, à tant de prophéties bidon débitées par les nationalistes, elle a résisté victorieusement à toutes les crises et son assise électorale reste solide. Sa légitimité s’est même renforcée grâce à une participation repartie à la hausse. »

Alors, poursuit Libération, « on dira que les partis eurosceptiques, ou anti-européens, ont progressé. C’est tout à fait exact. Mais avec deux bémols : la plupart d’entre eux, échaudés par le spectacle du Brexit, conscients de l’inquiétude que suscite la perspective d’un éclatement de l’Europe chez leurs électeurs, ne réclament plus la sortie de l’Union, ni même la fin de l’euro. »

Et deuxièmement, pointe le journal, « isolées dans leur opposition bornée, les forces nationalistes ne comptent pour rien dans le fonctionnement de l’Union. Elles ne détiendront aucun des postes importants dans l’architecture européenne future ; elles sont de plus divisées, réparties dans des groupes différents, idéologiquement séparées entre pro et antirusses et par le degré variable de libéralisme qui teinte leur programme économique. L’Union fait face à une opposition minoritaire et disparate. »

Les Libéraux et les Verts vont compter

Et puis surtout, s’exclame Libération, preuve encore de la vitalité de l’Europe : « les conservateurs et les sociaux-démocrates (…) devront désormais compter avec deux autres forces qui troublent le jeu : les libéraux, auteurs de la meilleure progression dans ce scrutin, auxquels se rattache le parti d’Emmanuel Macron ; et les écologistes, qui ont également progressé dimanche. (…) Cette logique politique nouvelle devrait faciliter la naissance de coopérations renforcées en matière écologique, sous l’œil critique des jeunes Européens de plus en plus mobilisés autour des enjeux climatiques. »

Le Républicain Lorrain renchérit : « voilà donc l’UE conviée à un sérieux dépoussiérage. Privés de majorité absolue, conservateurs du PPE et sociaux-démocrates vont devoir apprendre à composer avec les autres groupes europhiles : les Libéraux et les Verts. Mettant fin à un duopole de quarante ans, la fragmentation de l’hémicycle pourrait avoir pour vertu de décongeler un train-train qui avait fini par démobiliser les opinions publiques. »

En effet, complète La Presse de La Manche, « un souffle nouveau est à l’œuvre (…). Le PPE et les socio-démocrates qui, à eux deux, gouvernent l’Europe depuis toujours, ont perdu de nombreux sièges. Ils demeurent incontournables. Mais il leur faudra partager davantage le pouvoir et imaginer une nouvelle coalition pour atteindre la majorité absolue de 376 sièges sur les 751 du Parlement européen. Les Libéraux où siégeront les élus de La République en Marche, seront, éventuellement avec les écologistes, les faiseurs de rois. »

Nouvelles alliances ?

Certes, remarque La Croix, « les Verts n’ont pas remporté les élections européennes, loin de là. Ils ne constitueront que la cinquième force au sein de l’hémicycle européen, derrière la droite modérée du PPE, les sociaux-démocrates, l’extrême droite et les centristes libéraux. »

Mais, pointe le quotidien catholique, « leur influence à l’échelle européenne peut pourtant bénéficier d’un gain plus que proportionnel. D’abord parce que des listes d’autres sensibilités politiques ont affiché très haut durant la campagne leur souci de l’environnement. En témoignait, pour la France, la présence de Pascal Canfin au deuxième rang de la liste de la majorité présidentielle. Dans la tradition du travail transpartisan du Parlement européen, cela peut permettre, estime La Croix, de pousser des idées et des projets. Ensuite du fait du recul du PPE et des sociaux-démocrates qui ont perdu, lors de ce scrutin, la majorité conjointe qu’ils géraient depuis quarante ans. De nouvelles alliances, durables ou ponctuelles, sont à construire. »

« Génération écolo »

En France, les Verts ont donc réalisé une belle percée…

« Génération écolo », s’exclame Le Parisien en première page.

En effet, les moins de 35 ans ont massivement voté pour la liste de Yannick Jadot.

« Qu’on se le dise, pointe Le Parisien : le plébiscite des écologistes par les plus jeunes aux européennes n’est pas que le triomphe d’un homme   dont ils connaissent à peine le nom pour certains  , d’une liste ou d’un parti politique. C’est l’expression d’une prise de conscience de plus en plus partagée, jusqu’à devenir une évidence, pour toute une génération qui place ainsi les questions environnementales au cœur du débat public. Demain, la traduction dans les urnes de cet engagement pourrait encore s’accroître, avec le passage à la majorité de tous ces adolescents qui se révèlent particulièrement préoccupés par l’avenir de leur planète. »

Demi-victoire pour Macron

Quant à La République en Marche, elle est certes devancée par le Rassemblement national, mais finalement, elle s’en tire bien…

Le Figaro parle même de « demi-victoire » pour Emmanuel Macron : « Ce vaincu ressemble à s’y méprendre à un vainqueur, s’exclame Le Figaro. Emmanuel Macron a perdu une première place symbolique, mais il a gagné beaucoup plus. Un adversaire idéal, d’abord : le Rassemblement national. Inquiétant à souhait, mais, faute d’allié, le scrutin majoritaire le rend, pour le moment, inoffensif. Un horizon politique dégagé, ensuite, où l’on distingue de plus en plus difficilement les citadelles en ruine de la gauche et de la droite. Un cousin écologiste, enfin, adversaire de premier tour, probable allié du second, qui permet au macronisme d’ajouter un supplément d’âme à la froideur réformiste, de compenser le gris des tableaux budgétaires par le vert des prés d’herbe fraîche. »

En effet, pronostique Ouest France, « le Président ne fondera pas ‘l’acte II’ de son quinquennat sur un hypothétique ‘virage à gauche’. C’est sur la transition écologique qu’il va investir. C’est le sillon qu’il va creuser. Au-delà du Grand débat. Au-delà de la campagne des européennes. Sur ce terrain, il se sait très attendu. »

Se réinventer…

En fait, résume Le Monde, « Marine Le Pen apparaît comme la gagnante du scrutin, mais elle ne remporte pas pour autant le match retour contre le président de la République, car, deux ans après son élection, Emmanuel Macron reste le principal rempart contre le RN par élimination de toute autre forme d’alternative. Pour lui, le seul danger est la renaissance d’EELV, dont on ne saisit pas encore très bien ce que veut en faire Yannick Jadot : une force ancrée à gauche ou un parti ‘ni de droite ni de gauche’, comme il le disait durant sa campagne ?

Une chose est sûre, relève Le Monde : l’ancien directeur de campagne de Greenpeace a compris qu’une page se tournait, que la politique ne se ferait plus à coups d’accords d’appareils, mais en allant chercher auprès des ONG et dans la société civile l’énergie pour bâtir un projet alternatif. C’est au fond la grande leçon de cette élection : l’avenir appartient à ceux qui ont fait ou feront l’effort de se réinventer, les autres disparaîtront. »

rfi

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