À Hong Kong, le projet de loi sur les extraditions est suspendu, mais pas enterré. Nuance importante, puisque les manifestants poursuivent leur combat pour faire retirer ce texte controversé. Des centaines de milliers de personnes étaient attendues dans la rue ce dimanche 16 juin. Ont-elles répondu présentes ?
Dans le quartier de Causeway Bay, d’où devait partir la marche ce dimanche, rien n’avait encore commencé que les rues étaient déjà noires de monde, commente notre envoyé spécial sur place, Stéphane Lagarde. Et ce n’est pas un abus de langage, précise-t-il, car tout le monde portait des vêtements de couleur noire, en signe de mécontentement face au gouvernement.
Le défilé était censé se dérouler dans le calme, mais sur place, très vite, il est devenu difficile de progresser. Le métro était bondé comme à une heure de pointe, mais un dimanche. La sortie du parc Victoria, d’où devait s’élancer la marche, était inaccessible en raison de la foule. Dans les rangs : de très, très jeunes manifestants. Des adolescents, des lycéens, des étudiants…
Tous demandent le retrait total du projet de loi sur les extraditions, qui fait craindre une mainmise de Pékin sur la justice hongkongaise. Ce que veulent les organisateurs, c’est une garantie que cette loi ne reviendra jamais ; ils estiment que par le passé, le gouvernement a fait des promesses non tenues et qu’ils ne peuvent pas se satisfaire de cette simple suspension.
La suspension n’est assortie d’aucune date butoir. Il est donc vraisemblable que le Parlement n’y reviendra pas avant longtemps, explique notre correspondante à Hong Kong, Florence de Changy. Mais le mouvement ne s’estompe pas. Signe : au premier étage d’un centre commercial, dans les parfumeries et les rayons beauté, vendeurs et vendeuses portaient ce dimanche des tailleurs et robes noirs.
Mais les protestataires ont d’autres demandes : ils veulent aussi des excuses de la police, et certains vont jusqu’à demander la démission de la cheffe de l’exécutif local, Carrie Lam. En cause notamment, ses commentaires sur les manifestants, qualifiés d’émeutiers, ce qui est passible de 10 ans de prison. Les manifestants souhaitent donc l’abandon des poursuites contre certains d’entre eux.
REPORTAGE
Un autre mot d’ordre a circulé sur les réseaux sociaux, demandant que les participants à cette marche viennent avec une fleur pour la déposer au pied de l’immeuble d’où un activiste est tombé samedi après-midi alors qu’il accrochait une pancarte demandant le retrait total du projet de loi, devenant ainsi tristement le premier mort dans cette crise dans l’ancienne colonie britannique.
À noter qu’un appel à la grève générale avait été initialement lancé pour ce lundi 17 juin dans l’ancienne colonie britannique. Mais puisqu’il n’y a plus de session au Parlement lundi et mardi pour examiner la loi, et puisque le but premier de la grève consistait à libérer les gens pour qu’ils puissent venir bloquer le Parlement, ce n’est plus nécessaire de faire grève et l’appel a donc été levé.
rfi



