L’ancien président du Kosovo, Hashim Thaçi, a été condamné mercredi à 25 ans de prison par les Chambres spécialisées pour le Kosovo, un tribunal spécial basé à La Haye, pour des crimes commis durant le conflit de 1998-1999. À 58 ans, l’ancien dirigeant a été reconnu coupable notamment de meurtre, de torture, d’arrestation et de détention illégales ainsi que de traitements cruels.
Le procès portait sur des crimes attribués à des membres de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) contre des civils et des personnes qui ne participaient pas aux hostilités. L’acte d’accusation concernait notamment des persécutions, des emprisonnements, des actes de torture, des meurtres et des disparitions forcées commis entre mars 1998 et septembre 1999 au Kosovo ainsi que dans le nord de l’Albanie.
Hashim Thaçi était l’une des principales figures politiques et militaires de l’UCK, la guérilla albanaise qui combattait les forces serbes durant la guerre du Kosovo. Il avait notamment dirigé la délégation kosovare lors des négociations de paix de Rambouillet en 1999.
Après la guerre, il s’est tourné vers la politique et a fondé le Parti démocratique du Kosovo (PDK). Il devient Premier ministre en 2008, année au cours de laquelle le Kosovo proclame son indépendance de la Serbie. Il est ensuite élu président en 2016.
Son parcours politique a toutefois été rattrapé par les accusations concernant la période de guerre. En novembre 2020, il démissionne de la présidence après la confirmation de l’acte d’accusation et est transféré à La Haye, où il est placé en détention avec trois autres anciens responsables de l’UCK : Kadri Veseli, Rexhep Selimi et Jakup Krasniqi.
Le procès s’est ouvert en avril 2023. Les audiences ont mobilisé un important volume de preuves et plus de 130 témoins ont été entendus. Les débats ont été clôturés en décembre 2025, avant les plaidoiries finales en février 2026.
Thaçi et ses coaccusés avaient rejeté les accusations portées contre eux. Le verdict rendu mercredi constitue ainsi une étape majeure dans cette procédure judiciaire engagée plus de deux décennies après la fin de la guerre du Kosovo.
Les Chambres spécialisées pour le Kosovo ont été créées avec le soutien de la communauté internationale et ont leur siège à La Haye. Leur mandat porte notamment sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis au Kosovo entre 1998 et 2000.
Sunuafrik radio



