AccueilACCUEILLa chaîne France 24 suspendue en Guinée

La chaîne France 24 suspendue en Guinée

Les autorités guinéennes ont interdit, avec effet immédiat, la diffusion de la chaîne d’information française France 24 sur l’ensemble du territoire national. La décision a été annoncée jeudi par la Haute Autorité de la Communication (HAC), au lendemain d’une protestation officielle contre des propos tenus à l’antenne qualifiant le président Mamadi Doumbouya de « président putschiste ».

Dans un journal télévisé diffusé le 14 septembre, un présentateur de France 24 avait utilisé cette expression pour désigner le chef de l’État guinéen. Arrivé au pouvoir à la suite du coup d’État du 5 septembre 2021, Mamadi Doumbouya a ensuite été élu président lors du scrutin de décembre 2025. Estimant ce qualificatif « inapproprié », la HAC a dénoncé son utilisation et demandé à la chaîne française de procéder à des rectifications sur l’ensemble de ses plateformes numériques.

France 24 a reconnu avoir commis une erreur éditoriale, indiquant avoir « qualifié par erreur » le président guinéen et annonçant la présentation d’excuses ainsi qu’une correction à l’antenne. Toutefois, le régulateur guinéen a justifié la suspension par le « maintien des propos incriminés », l’extrait concerné étant encore visible sur le site internet de la chaîne jeudi matin.

Cette décision s’inscrit dans un contexte de relations tendues entre plusieurs régimes d’Afrique de l’Ouest et certains médias internationaux. France 24 est déjà interdite au Mali, au Burkina Faso et au Niger, trois pays dirigés par des autorités militaires. La chaîne n’émet plus également au Togo depuis sa suspension en 2025.

Par ailleurs, la HAC a retiré l’accréditation du correspondant du magazine Jeune Afrique en Guinée pour des « manquements professionnels », sans préciser les faits reprochés. Depuis l’arrivée au pouvoir du général Mamadi Doumbouya, plusieurs organisations de défense des droits humains et observateurs ont signalé des restrictions visant les partis politiques, les manifestations publiques, certains médias et l’accès aux réseaux sociaux.

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