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La chrétienne pakistanaise Asia Bibi a quitté le Pakistan

La chrétienne Asia Bibi a quitté le Pakistan. Elle serait, selon son avocat, au Canada où ses filles ont fui il y a plusieurs mois selon plusieurs sources diplomatiques. Asia Bibi avait été acquittée il y a six mois après avoir été condamnée à mort pour blasphème. Une condamnation très critiquée à l’international.

Selon l’avocat d’Asia Bibi, Saif Ul Malook, la jeune femme serait partie au Canada : « J’ai interrogé les canaux disponibles, et selon eux, elle est partie pour le Canada », a-t-il déclaré. Ni Ottawa, ni Islamabad n’ont pour l’instant confirmé l’information.

Le Canada a déjà accueilli des victimes de la loi sur le blasphème au Pakistan.
Blanchie par la justice, mais condamnée par la rue, Asia Bibi était en effet devenue la cible des milieux religieux fondamentalistes qui appelaient de longue date à l’exécution de la chrétienne.

En 2009, Asia Bibi avait été arrêtée, emprisonnée, accusée d’insultes envers le prophète Mahomet pour des faits survenues dans un champ alors qu’elle récoltait des baies et qu’elle faisait une pause pour se désaltérer. Une dispute éclate entre Asia Bibi, la chrétienne, et les autres paysannes présentes ce jour-là qui sont musulmanes. « Comment oses-tu souiller l’eau du puits, on ne peut pas boire à la même source que toi. » Voilà le blasphème dont elle est accusée. S’ensuit un bras de fer judiciaire.

Un an plus tard, en première instance, elle est condamnée à mort. En 2011, le puissant gouverneur de la région du Pendjab est assassiné par son propre garde du corps pour avoir dénoncé la loi anti-blasphème et demandé la clémence pour Asia Bibi. Aux yeux des islamistes, la chrétienne est responsable de la mort de ce garde du corps qui fut exécuté pour le crime commis. Acquittée en février dernier par la Cour suprême, la question de l’exfiltration du pays de la chrétienne pakistanaise était un secret bien gardé.

L’annonce de son départ n’a pour le moment pas créé de violence, selon la correspondante de RFI au Pakistan, Solène Chalvon. En octobre dernier, des milliers de militants radicaux avaient protesté dans la rue après son acquittement. Le premier ministre Imran Khan, fervent défenseur de la loi sur le blasphème, s’était montré ferme à l’égard de ces manifestants, appelant la rue à respecter la décision des juges, eux-mêmes menacés de mort.

Si beaucoup ont espéré que ce jugement, courageux, ferait jurisprudence, la loi contre le blasphème continue d’être appliquée au Pakistan. Bien qu’elle s’attaque aux chrétiens et aux hindous, les principales victimes restent les musulmans.

RFi

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