Les rideaux sont tombés sur la 59e édition des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (Bad) à Nairobi, au Kenya. Pendant cinq jours (27-31 mai), les 8300 participants ont débattu de la réforme de l’architecture financière mondiale. S’exprimant lors de la conférence de presse de clôture, hier, au Centre international de conférences Jomo Kenyatta de Nairobi, le Président de la Bad a annoncé une augmentation du capital de la Banque qui va passer de 201 milliards à 318 milliards de dollars. Selon Dr Akinwumi Adesina, les actionnaires, y compris les membres régionaux (les pays africains), soutiennent cette initiative. L’objectif, dit-il, est de permettre à l’institution de lever plus de ressources grâce à l’effet de levier, pour faire face aux défis du développement du continent. La Bad évalue à 477 milliards de dollars le déficit de financement du continent pour atteindre les Objectifs de développement durable (Odd), alors que les ressources concessionnelles se raréfient et que les pays africains en consacrent énormément au service de la dette. D’où l’importance, insiste M. Adesina, d’une réforme de l’architecture financière mondiale –thème général de ces Assemblées– pour non seulement tenir compte des besoins de l’Afrique en matière de financement, mais aussi de sa richesse verte, c’est-à-dire ses immenses ressources naturelles, comme actifs financiers.
Autre initiative annoncée par le Président de la Bad : la création de lignes de crédits dédiées à l’investissement et à l’entrepreneuriat des jeunes. Ainsi, 60 millions de dollars sont prévus pour le Liberia et 12 millions pour l’Éthiopie. Aussi, d’autres projets sont à l’étude, notamment au Rwanda. Parmi les principaux défis auxquels fait face le continent, le Président de la Bad cite en premier lieu l’insécurité. C’est pourquoi, dit-il, la Banque est en train de travailler sur de nouveaux instruments (un indice de sécurité) pour lever des ressources et reconstruire les infrastructures dans les zones affectées par les conflits. Pour faire face à ces défis, le Ministre kenyan des Finances, Njuguna Ndungu’u, invite à maintenir la bonne notation de la Bad –AAA– afin de permettre à l’institution financière panafricaine de conserver sa crédibilité et de pouvoir lever plus de ressources auprès des investisseurs en faveur de l’Afrique. Les prochaines Assemblées de la Bad sont prévues à Abidjan, en Côte d’Ivoire, en 2025.
Nouvelle stratégie décennale 2024-2033
Le groupe de la Banque africaine de développement (Bad), dans le cadre de ses Assemblées annuelles, tenues à Nairobi, au Kenya, a partagé sa nouvelle Stratégie décennale 2024-2033. Elle s’appuie sur une augmentation de la capacité de financement de la Banque de 70 milliards de dollars et se veut un schéma directeur pour faire face aux défis urgents de l’Afrique et aider à remettre fermement le continent sur la voie d’une croissance économique et d’une prospérité durables. “En tant que première institution de financement du développement en Afrique et banque des solutions pour l’Afrique, nous sommes parfaitement conscients que la prochaine décennie sera décisive pour la transformation du continent. C’est pourquoi nous restons déterminés à accélérer le soutien que nous apportons aux pays africains, alors que nous célébrons 60 ans passés à faire la différence dans les pays et les vies des populations d’Afrique”, déclare Dr Akinwumi Adesina, Président de la Bad. La nouvelle stratégie, approuvée, cette année, par le Conseil d’administration, repose sur la conviction que l’Afrique dispose d’un vaste potentiel de transformation sociétale et économique.
Quatre grandes priorités
En tirant parti de la main-d’œuvre la plus jeune et de la croissance la plus rapide au monde, des marchés urbains en pleine expansion, de la richesse des ressources naturelles et du vaste potentiel en matière d’énergie propre, l’Afrique est prête à stimuler une croissance durable et à apporter une contribution significative aux solutions mondiales durant la prochaine décennie. “La stratégie décennale décrit la manière dont la Banque investira dans le meilleur atout de l’Afrique : ses jeunes hommes et femmes dynamiques. La population africaine, qui connaît la croissance la plus rapide au monde, offre au continent une fenêtre d’opportunité démographique sans précédent”, souligne M. Adesina. La nouvelle stratégie s’appuie sur quatre grandes priorités : investir dans les femmes et les jeunes, s’adapter au changement climatique, soutenir les États fragiles et promouvoir la bonne gouvernance économique. “La Banque s’attaquera aux disparités et favorisera l’inclusion en donnant aux femmes et aux jeunes les moyens de contribuer, de manière significative, à une croissance économique durable et à des sociétés prospères”, mentionne le document.
Avec Le Soleil



