Monday, May 20, 2024
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Le liberté pour Habré : l’association des victimes met en garde l’Etat du Sénégal

L’association des victimes des crimes du régime d’Hissène Habré (Avcrhh) est contre toute libération, même pour des raisons médicales, de ce dernier. Pour son président, Clément Abaifouta, Habré ne peut pas être libéré « sans violer les obligations du Sénégal et les principes fondamentaux de la justice internationale ».

« Depuis la condamnation d’Hissène Habré en 2016 par les Chambres africaines extraordinaires pour torture et crimes contre l’humanité, incluant notamment l’esclavage sexuel, ses soutiens n’ont eu de cesse de tenter de faire libérer l’ancien dictateur du Tchad de manière anticipée pour des motifs fallacieux, comme de fausses rumeurs de maladie. Nous venons d’apprendre que les avocats de Habré ont déposé une demande de permission de six mois auprès du juge d’application des peines, motivée une fois de plus par son état de santé », informe l’Avcrhh qui se veut catégorique : «Notre association, qui représente des milliers de ses victimes, rejette cette demande et exigeons que, conformément au verdict historique prononcé par les Chambres africaines extraordinaires (Cae) et aux obligations internationales du Sénégal, M. Hissène Habré purge la peine de la réclusion à vie à laquelle il a été condamné ».

D’après Clément Abaifouta et Cie, «ce jugement exemplaire, qui fait l’honneur du Sénégal et de l’Afrique, a établi la participation d’Hissène Habré dans la commission de crimes horribles et dont les survivants portent encore les stigmates. Il faut aussi rappeler que le Comité contre la torture des Nations Unies a déjà écrit au Sénégal en décembre 2019 pour réaffirmer que « la libération prématurée des auteurs des crimes internationaux les plus graves n’est pas conforme aux obligations » de la Convention de l’Onu contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, dont l’obligation de réprimer les actes de torture par des peines prenant en compte la gravité de leur nature. Selon le rapporteur du Comité, il ne faut pas qu’il y ait « de recours à une mesure déguisée d’amnistie, et que si d’aventure l’état de santé de Hissène Habré ne permettait pas le maintien en détention de celui-ci, il fallait que ce soit avéré ».

 

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