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Le Mexique accorde l’asile politique à l’ex-président bolivien Evo Morales

mediaSelon le chef de la diplomatie mexicaine, Evo Morales a lui-même demandé l’asile politique à Mexico.REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

Le Mexique a décidé ce lundi 11 novembre d’offrir l’asile politique à l’ex-président bolivien Evo Morales, poussé la veille à la démission.

Par la voix de son ministre des Affaires étrangères Marcelo Ebrard, le Mexique a annoncé sa décision d’accorder l’asile politique au président démissionnaire bolivien Evo Morales. « Sa vie et son intégrité physique sont menacées », a déclaré le chef de la diplomatie lors d’une conférence de presse à Mexico.

Cette décision fait suite à une demande de l’ancien chef de l’État bolivien lui-même, a précisé Marcelo Ebrard. « Il nous a demandé verbalement et de façon formelle de lui accorder l’asile politique dans notre pays », a-t-il dit. « Mexico s’est toujours distingué tout au long de son histoire pour avoir protégé ceux qui cherchaient un refuge », a-t-il encore ajouté dans sa déclaration.

Dans la nuit de lundi à mardi, Evo Morales a annoncé son départ pour le Mexique et promet de revenir avec « plus de force et d’énergie ». Dans son message publié sur son compte Twitter, il exprime sa reconnaissance envers le gouvernement mexicain qui lui accorde l’asile politique. Il promet de revenir avec « plus de force et d’énergie ». « Cela fait mal de quitter le pays pour des raisons politiques, mais je serai toujours en attente. Bientôt, je reviendrai avec plus de force et d’énergie », écrit l’ancien président bolivien.

« Un signal fort » pour Donald Trump

Lâché par l’armée bolivienne après trois semaines de violentes manifestations contre sa réélection pour un quatrième mandat, Evo Morales a présenté dimanche soir sa démission. Le socialiste indigène élu pour la première fois en 2006 était l’un des derniers représentants de la « vague rose » qui a déferlé au tournant des années 2000 sur l’Amérique latine, faisant virer à gauche le Brésil, l’Argentine, le Chili, l’Équateur et le Venezuela.

Les dirigeants du Venezuela, du Nicaragua, de Cuba, ainsi que le président élu argentin Alberto Fernandez et l’ancien président brésilien Lula, ont tous dénoncé un « coup d’État ». Craignant l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement militaire, l’Espagne a quant à elle condamné un processus biaisé par l’intervention des forces armées et de la police « qui nous ramène à des époques passées de l’histoire latino-américaine ».

« Les États-Unis saluent le peuple bolivien pour avoir demandé la liberté et l’armée bolivienne pour avoir respecté son serment de protéger non un seul individu, mais la Constitution de la Bolivie », a de son côté réagi le président américain Donald Trump dans un communiqué. « Ces événements envoient un signal fort aux régimes illégitimes du Venezuela et du Nicaragua, que la démocratie et la volonté du peuple triompheront toujours », a-t-il ajouté.

La future présidente par intérim annonce la convocation d’élections

La Bolivie se trouve aujourd’hui sans dirigeant. Les successeurs prévus par la Constitution dans l’hypothèse d’un départ du chef de l’État ont tous démissionné avec lui : le vice-président Alvaro Garcia, la présidente et le vice-président du Sénat et le président de la Chambre des députés.

La deuxième vice-présidente du Sénat, l’opposante Jeanine Anez, appelée en vertu de la Constitution à succéder à Evo Morales, a annoncé lundi en arrivant au Parlement la convocation d’une élection présidentielle. « Nous avons déjà un calendrier. Je crois que la population demande en criant que nous ayons un président élu le 22 janvier », a-t-elle indiqué, évoquant la date prévue, avant la crise, de la prise de ses fonctions par le prochain président de Bolivie.

Jeanine Añez a annoncé qu’elle était disposée à assumer la présidence intérimaire, « seulement pour faire le nécessaire afin de convoquer des élections transparentes ».

Le climat de violence ne s’est pas apaisé pour autant. Dans la foulée de l’annonce de la démission du président socialiste, les rues de La Paz, la capitale, de même que les sièges des pouvoirs administratifs et politiques, ont été livrés à des groupes de casseurs. Policiers et militaires, en mutinerie contre Evo Morales, sont restés dans leurs casernes sans intervenir.

Une foule de partisans s’est mise en marche vers La Paz

Ce lundi en fin d’après-midi, une foule de partisans en colère de l’ancien président se dirigeait vers La Paz à partir de la ville voisine d’El Alto, un bastion d’Evo Morales. Arborant des whipalas, du nom du drapeau symbole des peuples indigènes, et scandant « Maintenant oui, une guerre civile ! », ils étaient des centaines en route vers la capitale administrative, contraignant les magasins à fermer leurs portes.

Dans la soirée de lundi, Evo Morales a appelé son « peuple à ne pas tomber dans la violence de groupes qui cherchent à détruire l’État de droit ». « Nous ne pouvons pas nous battre entre frères boliviens. J’appelle urgemment à résoudre les divergences par le dialogue et la consultation », a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Le chef de la police de La Paz a demandé lundi aux forces armées boliviennes d’intervenir. « J’ai demandé au commandant en chef des forces armées, le général Williams Kaliman, qu’il intervienne, parce que la police bolivienne est dépassée », a déclaré le chef de la police de La Paz, le colonel José Barrenechea.

Le commandant des forces armées boliviennes, Williams Kaliman, a annoncé plus tard avoir ordonné aux troupes de mener des opérations conjointes avec la police contre les « groupes de vandales ».

(Avec agences)

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