Le Mexique a rendu public vendredi 14 juin une annexe de l’accord sur l’immigration illégale conclu le 7 juin avec les Etats-Unis, un document que le président Donald Trump avait présenté comme confidentiel. Selon ce texte qui a été distribué aux journalistes à Mexico et que le ministère mexicain des Affaires étrangères a déclaré « non contraignant », les deux pays se sont engagés à discuter « les termes définitifs d’un accord bilatéral contraignant pour une meilleure distribution de la charge et l’attribution de responsabilités pour le traitement des demandes d’asile ».
La stratégie affichée depuis toujours par Donald Trump est de contraindre le Mexique à stopper les flux de migrants vers les Etats-Unis. Le président américain a évoqué il y a quelques jours l’existence d’une clause secrète à l’accord signé le 7 juin dernier entre les deux pays. Selon lui, cette clause permettrait aux Etats-Unis de contraindre Mexico à stopper la migration de clandestins vers le territoire américain. Il avait alors agité un document « secret » dont le photographe du Washington Post avait réussi à saisir quelques lignes
Rappelons que l’accord signé début juin a permis au Mexique d’échapper à la menace brandie par M. Trump d’imposer des droits de douane sur l’ensemble des produits mexicains importés aux Etats-Unis.
Rendue public à Mexico ce vendredi, cette clause signée par un conseiller juridique de chacune des deux parties précise l’Agence France-presse, stipule que si le flux de clandestins traversant le Mexique pour se rendre aux Etats-Unis n’est pas freiné, le Mexique pourrait accepter de traiter les demandes du statut de réfugié.
Dans son dernier paragraphe, ce document annexe indique que si les Etats-Unis déterminent 45 jours après la signature de l’accord migratoire que les mesures qu’il contient « ne produisent pas de résultats », le gouvernement mexicain prendra « toutes les mesures nécessaires conformes à la loi nationale » pour qu’un « accord bilatéral contraignant » entre en vigueur 45 jours plus tard, précise l’AFP.
Le ministre mexicain des Affaires étrangères Marcelo Ebrard, entendu hier à Mexico devant la commission permanente du Congrès, a assuré que lors des discussions avec les Etats-Unis, le Mexique n’avait pas accepté d’avoir le statut de « pays tiers sûr », ce qui signifierait que les migrants qui arrivent sur son territoire devraient demander l’asile au Mexique et non aux Etats-Unis. « Le Mexique n’acceptera pas de signer un accord de pays tiers sûr », a déclaré M. Ebrard.
Le Mexique doit achever mardi prochain le déploiement de quelque 6.000 hommes de la Garde nationale à sa frontière avec le Guatemala. C’est l’un des engagements de Mexico envers Washington pour freiner l’immigration illégale vers les Etats-Unis.
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