Le calendrier politique du Niger vient de franchir une étape chargée de symboles et d’amertume. Ce jeudi 2 avril 2026 marque officiellement les cinq ans de l’accession au pouvoir de Mohamed Bazoum. Pourtant, l’anniversaire de cette élection démocratique, où il avait recueilli 55 % des suffrages, ne donne lieu à aucune célébration officielle à Niamey. Renversé le 26 juillet 2023, l’ancien chef d’État entame sa troisième année de détention dans une aile du palais présidentiel, transformée en prison de haute sécurité pour lui et son épouse. Alors que son mandat devait théoriquement s’achever aujourd’hui, son sort reste l’un des points de friction les plus vifs du Sahel.
Un président détenu dans l’ombre du palais
À 66 ans, Mohamed Bazoum vit une expérience carcérale singulière. Selon ses avocats, les conditions de sa détention n’ont pas évolué : il demeure enfermé dans un espace sans fenêtres, privé de sorties et de toute visite extérieure, à l’exception de celle de son médecin. Malgré cette pression constante et l’isolement, l’homme refuse toujours de signer sa démission.
Pour ses conseils, le 2 avril ne marque pas la fin de sa légitimité. Ils soutiennent que le mandat ayant été interrompu par la force, la durée de sa détention ne devrait pas être comptabilisée dans l’exercice de ses fonctions s’il venait à être rétabli. À l’opposé, la junte dirigée par le général Abdourahamane Tiani a suspendu la Constitution de 2010 pour la remplacer par une charte lui octroyant une transition de cinq années supplémentaires.
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