Monday, March 4, 2024
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Plafond de la dette : course contre la montre aux Etats-Unis pour éviter un défaut de paiement

Sueurs froides aux Etats-Unis et dans toutes les places financières mondiales. Alors que les négociations entre la Maison-Blanche et l’opposition républicaine sur le relèvement du plafond de la dette étaient jusqu’à vendredi soir (heure européenne) en bonne voie pour trouver une issue avant la date-butoir du 1er juin qui éviterait aux Etats-Unis de se retrouver en défaut de paiement, elles ont fait depuis, « un pas en arrière », selon les propos d’un porte-parole du gouvernement ce week-end. Pour rappel, il est de la prérogative du Congrès de voter pour relever le montant maximal de la dette publique que la première économie mondiale est autorisée à accumuler.

Les discussions ont néanmoins repris ce dimanche à l’occasion d’une réunion téléphonique entre Joe Biden (qui était dans l’avion présidentiel, de retour du Japon où il participait au G7) et Kevin McCarthy, le chef des républicains à la Chambre des représentants. Un échange qualifié de « constructif » par ce dernier. Les deux hommes se rencontreront ce lundi à Washington.

 

Coupes budgétaires

Avant de donner leur feu vert au relèvement du plafond de la dette, les républicains exigent des coupes budgétaires drastiques du gouvernement pour les ramener aux niveaux de 2022. Concrètement : couper 130 milliards de dollars de dépenses. L’administration Biden refuse, et propose de son côté de réduire certaines dépenses tout en augmentant les impôts pour les plus riches et les entreprises. L’administration fait, par ailleurs, pression pour prolonger le plafond d’emprunt jusqu’en 2025, selon les médias américains qui citent des responsables impliqués dans les pourparlers. Les démocrates veulent croire qu’un accord reste possible si les deux parties acceptent de ne pas obtenir satisfaction sur l’ensemble des demandes, selon une source proche des discussions.

Conséquences catastrophiques

Un échec des négociations aurait des conséquences catastrophiques pour l’économie américaine, mais aussi mondiale. Sans accord rapide en effet, les Etats-Unis pourraient, potentiellement dès le 1er juin ne plus être en mesure de rembourser leurs créanciers, ni payer les salaires de certains fonctionnaires et les retraites d’anciens militaires, entre autres. Les Etats-Unis pourraient par conséquent ne plus pouvoir rembourser les porteurs de bons du Trésor américains, le placement roi de la finance mondiale. Ce qui déclencherait une tempête financière mondiale et étranglerait la croissance comme l’emploi aux Etats-Unis.

Même une décision arrachée à la dernière minute aurait des conséquences. En 2011, c’était la seule menace d’une banqueroute qui avait, pour la première fois, fait perdre aux Etats-Unis leur précieux triple A, la meilleure note de crédit des agences de notation. Des effets concrets se font déjà sentir, a alerté mardi la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, soulignant que les investisseurs sont « plus réticents à détenir de la dette souveraine qui arrive à échéance en juin ».

Néanmoins, Joe Biden se veut rassurant : « L’Amérique n’a jamais fait défaut sur ses dettes. Et ce ne sera jamais le cas », a redit le président américain.

L’ombre de Donald Trump

L’ombre de Donald Trump plane sur ces négociations. Le 10 mai, l’ancien président républicain a, exhorté les républicains, sur lesquels son influence reste énorme, à « provoquer un défaut de paiement » si les démocrates n’acceptent pas « des coupes massives » dans les dépenses. Et vendredi, il les a appelés à « ne pas plier ».

La porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre a pointé du doigt dimanche les responsables républicains, sous la coupe des proches de Donald Trump selon elle.

En face, Kevin McCarthy avait de son côté accusé « l’aile gauche du parti démocrate » d’être « aux commandes ».

Si les désaccords restent trop profonds, il resterait néanmoins à Joe Biden une carte : le 14e amendement de la Constitution américaine, qui dispose que « la validité de la dette publique des Etats-Unis (…) ne doit pas être remise en question », et permet donc de faire comme si le plafond de la dette n’existait pas.

Tout en indiquant qu’il étudiait cette possibilité, Joe Biden s’est cependant montré sceptique, et Janet Yellen a elle aussi évoqué une « incertitude juridique » et un « délai serré ».

Avec La tribune
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