L’application russe FaceApp se trouve dans la tourmente: un sénateur américain a demandé une enquête au FBI sur l’utilisation des données.Kirill KUDRYAVTSEV / AFPDepuis que l’application FaceApp, qui permet de se voir vieilli, est devenue virale, un sénateur américain a demandé jeudi 18 juillet une enquête sur les « risques pour la sécurité nationale » de l’appli. Une polémique due seulement à son origine russe, selon des experts.
Le parti démocrate américain a mis en garde mercredi 17 juillet ses candidats à la présidentielle de 2020, les demandant de ne pas utiliser l’application et l’« effacer (…) immédiatement », selon CNN. Le lendemain, le sénateur démocrate Chuck Schumer a demandé au FBI et à l’agence américaine de protection des données (FTC) d’« évaluer les risques pour la sûreté nationale et la vie privée ».
L’application russe FaceApp a connu un regain de popularité grâce à sa fonction qui vieillit une photo, utilisée par de nombreuses célébrités, comme le chanteur Drake, et se trouve désormais parmi les applications les plus téléchargées sur iOS et Android.
Mais cette création de la société russe Wireless Lab est désormais au cœur d’une polémique mondiale, accusée de jouir d’une visibilité excessive des données des utilisateurs, ensuite traitées et stockées dans des serveurs extérieurs au téléphone. Dans les conditions générales d’utilisation (CGU), les internautes sont obligés « d’accorder » un accès « perpétuel, irrévocable, gratuit » de leurs contenus et données à FaceApp, qui peut les « utiliser, reproduire, modifier, adapter » à sa guise.
Des termes d’utilisations « préoccupants »
Ces termes d’utilisation sont « préoccupants », selon Chuch Schumer. Car « la localisation de FaceApp en Russie interroge sur comment et quand la société fournit les données de citoyens américains à des parties tierces, y compris éventuellement à des gouvernements étrangers ». Selon lui, ces derniers pourraient les utiliser dans des « cyberhostilités contre les États-Unis », a écrit le chef de la minorité démocrate au Sénat, dans une lettre adressée au FBI et à la FTC.



