
Au troisème jour de son procès devant la 32e chambre du tribunal de Paris, Lamine Diack a commencé à s’expliquer sur le fond du dossier et son implication présumée dans un système de corruption sur fond de dopage russe. A la barre, l’ancien patron de l’athlétisme mondial a assumé avoir retardé les procédures disciplinaires contre les athlètes russes suspects.
De notre envoyée spéciale au tribunal de Paris, Laura Martel
Sur la question des procédures disciplinaires retardées contre des athlètes suspectés de dopage, Lamine Diack est très clair : « c’est moi qui ai décidé de retarder les sanctions », « tout le monde a dit “casse-cou président” », s’amuse-t-il même…
Comme il l’a répété à plusieurs reprises, « il fallait sauver la fédération » : « la santé financière passe avant tout, j’étais prêt à ce compromis », explique-t-il, mentionnant au passage l’importance du contrat de sponsor avec la banque russe VTB, mais sans y apporter plus de détails.
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Sur les éventuelles contreparties recues, Lamine Diack se fait en effet plus flou. Quid du million et demi d’euros de financement russe aux campagnes électorales sénégalaises de 2012 qu’il avait lui-même révélé aux enquêteurs ? « Je n’ai rien demandé », assure l’octogénaire. Tout juste reconnaît-il avoir évoqué cette somme fin 2011 avec le ministre russe des Sports qui voulait savoir s’il serait candidat. « Mais c’était à part » de l’accord, précise-t-il. Un peu plus tard, il ajoute : « Je n’ai jamais reçu d’argent, les gosses ont été aidés ».
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Lamine Diack assure également qu’il ignorait que des athlètes avaient payé des centaines de milliers d’euros pour échapper aux sanctions et qu’il est « tombé des nues », quand il a appris des enquêteurs que son fils Papa Massata Diack était impliqué dans les dossiers de dopage.
Même confronté à un mail recu, justement, de son fils en juillet 2013, et qui mentionne des sommes distribuées à des membres de la fédération jugés « antagonistes » à leur gestion des cas russes, Lamine Diack plaide l’ignorance. « Je lisais très peu les mails » explique-t-il. Dubitative, la présidente le presse de donner son avis sur ce qu’a écrit son fils : « Si c’est vrai, il s’est conduit comme un voyou », répond-t-il.



