Dans une note de position économique et politique, Dr Famara Sané appelle à une réponse structurée face à la crise de la dette au Sénégal. Pour lui, l’urgence financière ne doit pas conduire à des sacrifices disproportionnés pour les populations, mais plutôt à une réforme profonde de la gestion publique et à une relance de la production nationale.
L’auteur estime que le débat ne doit pas se limiter au niveau de la dette, mais porter surtout sur la capacité de l’État à continuer de financer l’éducation, la santé, les infrastructures et l’investissement après le paiement des échéances.
Transparence et vérité sur la dette
Dr Famara Sané plaide d’abord pour la publication d’un état consolidé de la dette publique, incluant les emprunts, garanties, arriérés, engagements des entreprises publiques et risques liés aux partenariats public-privé.
Selon lui, les citoyens doivent pouvoir connaître les créanciers, les taux d’intérêt, les échéances ainsi que l’utilisation des ressources empruntées. Il appelle également à ce que les responsabilités soient établies sur la base de faits documentés et dans le respect du droit.
Négocier sans repousser la crise
La restructuration de la dette constitue également, selon lui, une piste à examiner sérieusement. Allongement des maturités, réduction des intérêts et, si nécessaire, traitement plus profond des créances pourraient permettre au Sénégal de retrouver des marges budgétaires.
Dr Sané insiste toutefois sur la nécessité de protéger le système financier régional afin qu’une restructuration de la dette publique ne se transforme pas en crise du crédit pour les entreprises.
La coopération avec le FMI, estime-t-il, peut contribuer à stabiliser le financement, mais ne doit pas remplacer une véritable stratégie nationale ni le contrôle démocratique.
L’État doit donner l’exemple
Pour l’auteur de la note, l’effort de redressement doit commencer par l’État. Il préconise notamment la réduction des dépenses de prestige, l’évaluation des structures publiques, un meilleur contrôle des marchés publics et la remise à plat des exonérations injustifiées.
Il met également en garde contre une hausse excessive des taxes sur la consommation, qui pourrait peser davantage sur les ménages.
Protéger les secteurs prioritaires
Dr Famara Sané défend par ailleurs la protection des dépenses liées à l’éducation, la santé, la formation professionnelle, l’agriculture et l’entretien des infrastructures.
Il appelle aussi au règlement progressif et transparent des arriérés dus aux entreprises nationales, estimant qu’un État qui ne paie pas ses fournisseurs fragilise l’emploi et l’activité économique.
Produire davantage pour sortir durablement de la crise
Pour retrouver une véritable capacité financière, le Sénégal doit également renforcer sa production. L’auteur identifie plusieurs priorités : transformation agricole, énergie, logistique, compétences techniques et accès des entreprises aux marchés.
Il préconise une gestion prudente des recettes pétrolières et gazières, qui devraient servir à la fois au désendettement, à l’investissement et à la stabilisation des finances publiques.
« Ni déni de la dette, ni austérité aveugle »
En conclusion, Dr Famara Sané défend une approche fondée sur l’urgence, la justice et la responsabilité. Il appelle à un redressement négocié, productif et équitable.
Pour lui, la réussite ne doit pas être mesurée uniquement par la baisse d’un ratio d’endettement, mais par la capacité du pays à retrouver une économie dynamique, des finances publiques solides et la confiance des citoyens.
« Un État ne retrouve pas durablement sa solvabilité en détruisant celle de ses citoyens », résume-t-il, en plaidant pour une sortie de crise qui permette au Sénégal de restaurer à la fois ses comptes publics et les perspectives de sa population.



