Un deuxième titre en un mois pour Arsenal ! Convaincants dans le jeu, les Gunners ont su ouvrir le score puis contenir tant bien que mal les attaques de Liverpool, avant d’être impeccable aux tirs au but (1-1, t.a.b. à 3). Un Community Shield qui donne envie de viser plus haut.
Il y a quelques mois encore, on pouvait s’inquiéter quant à l’avenir d’Arsenal. Un effectif un cran en-dessous par rapport aux écuries qui jouent le titre, une ambiance délétère en interne et une identité de jeu proche du néant. Et puis Mikel Arteta est arrivé et ses préceptes de jeu moderne dans la valise. En point de temps, il a réussi à remodeler le visage des Gunners et d’en faire une équipe emballante, au jeu ambitieux, ou plutôt à la hauteur de ses ambitions. De quoi obtenir une place pour la Ligue Europa, mais aussi garnir la salle de trophées d’une nouvelle FA Cup. Et désormais, un Community Shield de plus (le seizième de leur histoire). La victoire, acquise au bout du suspens après une séance de tirs au but facile (1-1, 5 t.a.b. à 3), récompense un travail en même temps qu’elle ouvre un nouveau cycle.
Mais la victoire se situe aussi ailleurs pour le technicien espagnol. Dans un nouveau match à enjeu, il a montré que sa patte était intégrée par tous ses joueurs, que son ADN football matchait parfaitement avec ce qu’attendent les supporters de l’Emirates Stadium. Une tactique huilée, qui s’affranchit des titulaires. Ce samedi, il a titularisé six joueurs qui ne le sont pas à l’accoutumée (Martinez, Holding, Elneny, Xhaka, Maitland-Niles et Nketiah). Pour autant, sa tactique n’a pas changé, et a surtout fonctionné. À savoir une relance propre de derrière pour contourner le pressing adverse et saisir ensuite les espaces en transition. Du board au terrain il n’y a qu’un pas, que le jeu prôné par l’ancien adjoint de Guardiola a franchi. Sur l’ouverture du score, notamment. Pressing haut des Reds, Elneny descend dans sa surface pour offrir une solution à ses coéquipiers. 2, 3 touches de balle par personne pas plus, puis on contourne le bloc par la droite. Ensuite, Saka renverse le jeu pour perturber le bloc adverse. Un latéral placé au cœur du jeu (Maitland-Niles) fait l’appel pour laisser de l’espace à Aubameyang, dont la frappe enroulée faisait mouche (1-0, 15e). Spontané, rudimentaire, et diablement efficace. En appliquant à la lettre sa vision du football, Mikel Arteta a regardé droit dans les yeux l’équipe type de Liverpool avant de lui chiper le trophée. Et soudain, les supporters tout entier se mettent à rêver.
Klopp, tactique multi-casquette
L’heure de jeu vient de tomber, Jurgen Klopp passe la seconde. Lassé de voir son équipe pagayer à contre-courant, le technicien allemand changeait son animation tactique du tout au tout. De l’axe, Gomez passait latéral droit, pour laisser Fabinho descendre dans l’axe. Sa place étant elle-même récupérée par Keïta. Enfin, Minamino lui, avait la tâche de se placer là où les espaces s’ouvraient. Soit à gauche, soit entre les lignes adverses, où il a semé le trouble. C’est d’ailleurs en restant à l’affût d’une zone libre dans la surface qu’il a égalisé.
Arsenal, chassez le naturel, il revient au galop
À l’exception de quelques relances hasardeuses sans frais de David Luiz, tout allait pour le mieux dans l’arrière-garde des Gunners. Mais comme souvent, cette saison et lors des précédentes, elle a fini par plier jusqu’à rompre définitivement. Déstabilisée par l’entrée de Minamino dans un rôle d’électron libre offensif, la défense maitrisait de moins en moins sa surface de réparation. Imprécise, elle laissait les Reds pénétrer la zone défendue et voyait les mouvements confus s’enchainer. Jusqu’au ballon de trop, laissé passé par Holding, mal contrôlé par Cédric qui revenait sur Minamino, clinique (1-1, 73e). Sur le coup, tous les centraux semblaient se regarder sans trop savoir quoi faire du ballon, et laissaient un espace béant devant le gardien. Même boulette signée Tierney huit minutes plus tard, sauvée par le gardien, cette fois…



