
Ce sont désormais plus de 4 milliards de personnes qui sont appelées à rester confinées durant la pandémie mondiale de nouveau coronavirus. Pour passer le temps, RFI propose une sélection d’ouvrages à lire, pour les amateurs de sports.
Éric Chaurin recommande ROUGE OU MORT, de David Peace
Red Or Dead est bien plus qu’une biographie. C’est l’histoire hallucinée et vibrante des 15 années que Bill Shankly a passées à la tête de Liverpool de 1959 à 1974. De la 2ème division où le club végétait sans ambitions à sa première Coupe d’Europe, la Coupe de l’UEFA, en 1973, avec 3 titres de Champion d’Angleterre et 2 Cup au passage. Quatre-vingt-dix chapitres pour raconter le lien viscéral que cet ancien mineur devenu entraîneur du Liverpool Football Club a tissé avec les supporters des Reds au long de ses années. « Pour une fois, je voulais écrire sur un type bien », a dit David Peace, auteur au style hypnotique de romans noirs, très noirs. L’histoire d’un homme qui est aussi la métaphore d’une Angleterre en train de perdre ses valeurs.
Annie Gasnier recommande L’HOMME QUI N’EST JAMAIS MORT, d’Olivier Margot
L’histoire de l’Autrichien Matthias Sindelar, footballeur de légende de l’Europe de l’Entre-deux-guerres. Surnommé le Mozart du football, il éblouissait les foules qui se précipitaient pour admirer le virtuose de la « Wunderteam », l’équipe merveilleuse autrichienne. Matthias Sindelar inscrivit 600 buts en 700 matches, mais il fut victime des événements historiques de l’époque. Cette biographie romancée raconte aussi l’histoire de la Mitteleuropa. Remarquable !
Antoine Grognet recommande AUTOPORTRAIT DE L’AUTEUR EN COUREUR DE FOND, d’Haruki Murakami
La course à pied, ou ce qu’elle dit de celui qui la pratique. Murakami, l’un des auteurs japonais le plus respectés dans le monde, s’offre un petit pas de côté et décrit sa passion pour la course, notamment les longues distances. Une passion autant qu’une souffrance lorsqu’il se décide, sous les caméras d’une télévision japonaise, à tenter de courir un ultra-marathon de 100 kilomètres. L’alternance du plaisir et de la souffrance intense que procure la course y sont remarquablement retranscrites.
David Kalfa recommande JORDAN, JOUER POUR LA POSTÉRITÉ, de David Halberstam
Pour ceux et celles qui voudraient regarder la mini-série événement « The Last Dance », consacrée à la dernière saison (1997-98) du meilleur basketteur de tous les temps avec les Bulls de Chicago, il est urgent de lire cet ouvrage de 530 pages. Incroyablement riche en anecdotes, Jordan, jouer pour la postérité permet aussi bien d’appréhender l’incroyable carrière de joueur de « His Airness », dans sa globalité, que son impact inégalable sur sa discipline et sur le sport en général. On comprend ainsi mieux comment « MJ » est devenu l’athlète le plus mondialement connu.
Éric Mamruth recommande OPEN, UNE AUTOBIOGRAPHIE, d’André Agassi
L’autobiographie la plus riche et la plus complète écrite par un joueur de tennis. L’ancien numéro 1 mondial américain nous raconte sa vie en toute franchise, sans la moindre concession, avec une foule de détails : son dégoût du tennis lorsque son père l’obligeait à taper quotidiennement des milliers de balles, son addiction à la drogue, son mal de dos permanent, sans oublier la perruque qu’il portait sur le court pour masquer sa calvitie. Le « Kid de Las Vegas » parle de ses échecs, de ses errances et du chemin qui l’a mené vers les sommets et l’épanouissement, grâce notamment à sa rencontre avec la championne allemande Steffi Graf. Un ouvrage incontournable pour découvrir qui était vraiment André Agassi.
Thomas de Saint-Léger recommande LE DERNIER PENALTY, de Gigi Riva
Une histoire de football, de politique et de guerre, avec pour point de départ, un tir au but manqué le 30 juin 1990, au Stadio Comunale de Florence, en quart de finale du « Mondiale » italien. Faruk Hadzibegic, Bosniaque de Yougoslavie, voit sa tentative repoussée par le gardien argentin Sergio Goycochea. La sélection des Balkans est éliminée alors que l’unité du pays, déjà fragilisée depuis la mort de Tito, se craquèle un peu plus. Moins d’un an plus tard, la guerre éclate pour de bon. La Slovénie et la Croatie proclament rapidement leur indépendance, et plus jamais une équipe ne représentera en Coupe du monde l’ensemble des peuples de la région. Homonyme d’un grand attaquant italien des années 1960-70, le journaliste Gigi Riva démêle dans ce récit passionnant les liens étroits entre football et politique en ex-Yougoslavie, avec en fil rouge une question sans réponse : « Et si ce penalty était allé au fond des filets ? »
Alejandro Valente recommande JOHAN CRUYFF, GÉNIE POP ET DESPOTE, de Chérif Ghemmour
Johan Cruyff occupe une place à part dans l’histoire du football. S’il n’apparaît qu’au deuxième rang des grands génies, juste derrière les Pelé, Lionel Messi ou Diego Maradona, il aura lui réussi à la fois une formidable carrière de joueur, principalement sous les maillots de l’Ajax, Barcelone et des Pays-Bas, et d’entraîneur, avec comme chef d’œuvre la fameuse « Dream Team » du Barça qui remporta la première et tant attendue Coupe d’Europe des clubs champions, en 1992. Dans cette formidable biographie, Chérif Ghemmour dresse un portrait plein d’admiration pour un homme qui a accompagné sur les terrains la grande révolution culturelle des années 1960 et 70, celle des Beatles et des Rolling Stones. Mais sans masquer les travers parfois despotiques de sa personnalité, son obsession pour l’argent, voire son côté manipulateur… Quatre ans après son décès, un ouvrage incontournable, à lire comme un roman…



