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À Bongor, le président Idriss Déby a inauguré les travaux de construction d’un pont avec le Cameroun. L’objectif est de faciliter les échanges entre les deux pays. Le pont devrait être inauguré en janvier 2023.
Il y avait foule sur les deux rives du Logone ce jeudi. Sur la berge camerounaise, des curieux observent de loin ce qui se passe à une centaine de mètres d’eux. Sur le débarcadère, côté tchadien où les terrassements ont déjà eu lieu, des tentes ont été installées pour abriter les invités.
L’instant est historique et sonne la fin des noyades des personnes et des animaux qui tentent de traverser à l’aide des moyens rudimentaires, commente le ministre tchadien des Infrastructures, Abdéramane Moctar.
Le directeur général pour l’Afrique centrale de la Banque africaine de développement annonce de son côté que le pont va booster les exportations tchadiennes qui passent en grande partie par le Cameroun : « 80% des importations et des exportations tchadiennes passent par le Cameroun. La réalisation de cette nouvelle infrastructure permettra de densifier les points d’échanges sur la frontière commune, longue de plus de 1000 km. »
Pour le chef de l’État tchadien, le pont de Bongor-Yagoua sera « un outil de développement. Au nom même de la sous-région de l’Afrique centrale, l’exemple du Tchad et du Cameroun est très fort qui peut être suivi par les autres pays. »
« Un plus pour la sous-région »
André est l’un des opérateurs économiques les plus connus de Bongor. Très impliqué dans les échanges entre le Tchad et le Cameroun, il a aussi été gestionnaire du bac qui aide à traverser le Logone, le fleuve qui sert de frontière entre les deux pays une partie de l’année.
C’est donc en connaisseur qu’il évoque ce qui va changer avec la construction d’un pont : « Pour la traversée des bœufs vers le Cameroun et le Nigeria, il y a beaucoup de pertes. Les bœufs meurent beaucoup dans l’eau. Quand le pont va passer, ça va être un plus, pour Yagoua, pour le Nigeria, pour la Centrafrique, pour le Zaïre, en un seul mot pour la sous-région. »
Projet financé par la BAD
Bou Abdallah est à la tête d’une association de jeunes sans-emploi. Pour lui, l’ouverture de ce chantier sera une source d’opportunité : « Maintenant, je passe même à pied pour aller à Yagoua et revenir. Tu pars avec deux litres d’essence et tu peux revenir. Le visage de Bongor changera, surtout pour nous les jeunes qui sommes au chômage. Il n’y avait pas d’activités à Bongor. Maintenant avec le pont, sauf peut-être un paresseux ne va pas trouver de travail. »
La construction du pont est financée par la Banque africaine de développement, dans le cadre d’un projet d’intégration sous-régionale. La ville de Bongor, qui accueillit comme écolier pendant la colonisation de futurs chefs d’État comme le Gabonais Omar Bongo et le Camerounais Ahmadou Ahidjo, espère s’ouvrir à nouveau à l’Afrique centrale à travers le futur pont.



