Pape Souley Bathily (2024) et Pape Dia (2025) ont paraphé samedi un accord sans précédent dans la capitale du rail.
THIÈS, le 16 mai 2026: Il y avait quelque chose d’inhabituel dans l’air ce samedi à Thiès. Pas un sommet politique de plus, pas une photo-souvenir entre dignitaires de passage. Deux hommes, deux trajectoires forgées loin du pays, une même obsession : faire que les Sénégalais voient mieux au sens propre du terme.
Pape Souley Bathily, sacré « Meilleur Sénégalais de la Diaspora » en 2024, et Pape Dia, son successeur au palmarès 2025, ont signé un protocole d’accord portant sur la santé oculaire des populations sénégalaises, avec une attention particulière aux enfants et aux personnes âgées. Derrière la solennité du geste, une réalité brutale : près de six (6) Sénégalais sur dix( 10) souffrent de troubles visuels, souvent sans le savoir, presque toujours sans y remédier.
Un homme de réseaux face à un fléau silencieux
Président du mouvement IMPACT, Pape Souley Bathily n’est plus à présenter dans les cercles de la diaspora noire américaine. Des associations de Washington aux membres du congrès new-yorkais, son combat pour l’égalité des chances et la visibilité des Afro-descendants lui a ouvert des portes que peu franchissent. Ce capital, il aurait pu le garder pour lui. Il choisit de le rapatrier.
Au Sénégal, près de 60 % de la population souffre de troubles visuels. Chez les enfants de 2 à 10 ans, ces problèmes passent trop souvent inaperçus, reléguant les jeunes à « l’invisible banc des derniers rangs » d’après le Directeur de SenLunettes Bouba Dia. Selon les termes de Pape Souley Bathily. « Un enfant qui ne voit pas le tableau n’apprend pas. Il décroche, on le pense inattentif, alors qu’il est simplement empêché. IMPACT s’engage à éradiquer ce fléau en milieu scolaire d’ici 2035 », a martelé le président du mouvement, connu pour ses actions en faveur des daaras, mosquées, associations de jeunes et pour l’insertion professionnelle des Sénégalais aux États-Unis. Puis, marquant une pause : « Après 70 ans, nos mères, nos grands-parents cumulent des pathologies oculaires sans jamais consulter un professionnel. Il est temps d’aller vers eux. »
Pape Dia Et son réseau African Leadership Group
De l’autre côté de la table, Pape Dia incarne une autre école de la solidarité diasporique. Fondateur de SenLunettes et de l’African Leadership Group à Denver, dans le Colorado, il fédère plus de 50 000 membres de la communauté africaine aux États-Unis. En août 2026, il organisera le grand rendez-vous « Afric Impact », vitrine de cette diaspora tournée vers l’innovation et le co-développement.
Pour lui, l’accord signé à Thiès coulait de source. « Nous ouvrons simplement nos réseaux respectifs, a-t-il expliqué. Des consultations gratuites seront déployées dans les quartiers défavorisés et dans les écoles, avec un suivi adapté à chaque situation. » Pas de promesses floues, pas d’effets d’annonce : les premières missions mobiles de dépistage et d’équipement en lunettes sont calées dès juin 2026. L’objectif affiché 10 000 enfants et 5 000 personnes âgées pris en charge avant le réveillon est ambitieux. Il n’est pas irréaliste.
L’économie aussi dans la pièce
La cérémonie n’a pas réuni que les deux signataires. Le Président de l’Union nationale des Patrons d’Entreprises du Sénégal (UNPES) M. Badiane et Cheikh Ndiaye ont fait le déplacement, et leur présence n’était pas anodine. L’organisation patronale a officiellement salué « l’alliance exemplaire entre deux forces de la diaspora, qui allient solidarité et opportunités économiques locales ». Des discussions ont été engagées pour connecter les jeunes Thiessois au réseau ALG – IMPACT outre-Atlantique au mois de Décembre 2026 et aux entreprises membres de l’UNPES.
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