L’OSIDEA, l’ONG 3D et le Forum du Justiciable demandent au gouvernement de faire toute la lumière sur les 55 millions de dollars évoqués par le Premier ministre Al Aminou Lô dans le dossier Yakaar-Teranga et le retrait de Kosmos Energy. Les trois organisations appellent également l’OFNAC à s’autosaisir de l’affaire.
Le dossier Yakaar-Teranga continue de susciter des réactions. Après les révélations faites par le Premier ministre Al Aminou Lô lors de sa Déclaration de politique générale, le 8 septembre, l’OSIDEA, l’ONG 3D et le Forum du Justiciable montent au créneau.
Dans un communiqué conjoint publié ce 9 septembre, les trois organisations se disent « profondément préoccupées » par les déclarations du chef du gouvernement concernant le retrait de Kosmos Energy du projet Yakaar-Teranga. Devant les députés, Al Aminou Lô avait évoqué une somme de 55 millions de dollars, soit près de 30 milliards de FCFA, qui aurait dû revenir à l’État du Sénégal.
Pour les signataires, une telle déclaration, faite devant la représentation nationale, « appelle des explications publiques, précises et documentées ». Ils veulent notamment savoir pourquoi cette somme n’aurait pas été recouvrée par l’État, dans quelles circonstances une éventuelle renonciation serait intervenue et quelle autorité aurait pris ou validé une telle décision.
L’OSIDEA, l’ONG 3D et le Forum du Justiciable réclament également la publication des accords conclus avec Kosmos Energy dans le cadre de son retrait de Yakaar-Teranga, ainsi que les bases juridiques et contractuelles ayant encadré cette opération.
L’OFNAC appelé à s’autosaisir
Face à l’importance des montants évoqués et aux enjeux liés à la gestion des ressources naturelles, les trois organisations demandent à l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) de s’autosaisir du dossier.
Selon elles, une telle démarche permettrait d’examiner les faits de manière « indépendante, impartiale et crédible » et, le cas échéant, d’établir les éventuelles responsabilités.
Les organisations précisent toutefois que leur démarche « ne constitue une accusation contre aucune personne ni aucune institution ». Elles disent agir au nom de la transparence, de la redevabilité et de la défense de l’intérêt général.
Elles invitent par ailleurs l’Assemblée nationale à exercer pleinement sa mission de contrôle de l’action gouvernementale afin que toutes les informations relatives à cette affaire soient portées à la connaissance des députés et des citoyens.
« Ces 30 milliards appartiennent au peuple sénégalais », martèlent-elles, estimant que si la somme était effectivement due à l’État, toute renonciation devrait pouvoir être expliquée aux Sénégalais.
Les trois organisations demandent ainsi au gouvernement et à l’Assemblée nationale de faire « toute la lumière » sur le dossier dans les meilleurs délais, rappelant que la transparence dans la gestion des ressources naturelles constitue, selon elles, « une exigence démocratique et un devoir envers le peuple sénégalais ».
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