Saturday, December 14, 2024
AccueilPOLITIQUEAux Etats-Unis, le soutien ardent des conservateurs aux manifestants iraniens

Aux Etats-Unis, le soutien ardent des conservateurs aux manifestants iraniens

La droite aux Etats-Unis a rapidement exprimé son soutien au mouvement de contestation né la semaine dernière en Iran, les conservateurs américains y voyant la preuve que la main tendue de Barack Obama n’avait en rien adouci le régime iranien.

Au Congrès, où la majorité républicaine a dénoncé l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015, les faucons anti-iraniens ont été les premiers, dès le week-end, à saluer les manifestations par des communiqués et des tweets.

“L’approche Obama consistant à alléger les sanctions en espérant que le régime deviendra plus modéré a échoué”, a résumé le sénateur républicain Lindsey Graham, dimanche sur CBS. “Le peuple ne bénéficie pas de l’allègement des sanctions, ils sont plus en colère contre leurs oppresseurs que jamais.”

Il note que l’administration Obama avait argué que l’argent iranien débloqué par l’accord sur le nucléaire irait principalement financer l’économie du pays, et non son armée. A la place, selon lui, il a servi à “reconstruire l’armée iranienne et à déstabiliser le Moyen-Orient”.

“Ces manifestations montrent au monde que le régime iranien préfère exporter et financer le terrorisme au-delà de ses frontières – surtout avec ses alliés terroristes en Syrie, à Gaza, en Irak, au Liban et au Yémen – que répondre aux besoins élémentaires de ses propres citoyens”, a clamé le sénateur ultra-conservateur du Texas Ted Cruz, ancien candidat aux primaires présidentielles contre Donald Trump, samedi.

Invariablement, les républicains interprétaient les manifestations comme une rébellion contre le “règne de la terreur des ayatollahs”, selon l’expression de Ted Cruz, “l’oppression et la tyrannie”, selon celle du sénateur Rob Portman, ou “un rejet de la théocratie”, selon l’expert anti-Iran Mark Dubowitz, très influent au Congrès.

La réserve des Etats-Unis vis-à-vis du régime, qui visait à encourager le courant réformateur, a montré son inefficacité et n’a plus lieu d’être, martelaient-ils à l’unisson.

– Loi au Congrès –

Ils saluaient ainsi le “courage” des manifestants. “Les Iraniens ont le droit de manifester dans le calme contre la corruption endémique du régime”, a estimé Marco Rubio, sénateur de Floride et ancien candidat aux primaires.

“Leur courage s’inscrit dans la tradition de modèles comme Lech Walesa et Nelson Mandela et mérite notre soutien continu”, a déclaré John Kasich, un républicain modéré qui est gouverneur de l’Ohio et s’intéresse aussi à la Maison Blanche.

Les Iraniens, sont-ils nombreux à souligner, ne sont pas les ennemis des Etats-Unis: “c’est l’ayatollah qui est l’ennemi du monde”, a dit Lindsey Graham.

Le président américain Donald Trump a tweeté sur la même ligne, depuis samedi.

Mais les faucons du Congrès pourraient profiter des événements actuels pour tenter de durcir la loi que la majorité prépare pour changer de facto, unilatéralement, l’accord de 2015.

L’objectif de cette future loi est de rendre permanentes des restrictions imposées par l’accord sur le programme nucléaire iranien et qui doivent être progressivement levées à partir de 2025. Les Etats-Unis menaceraient de re-sanctionner Téhéran en fonction de critères exclusivement américains, notamment sur le développement de missiles intercontinentaux.

Cette loi est en train d’être négociée en coulisses entre le président républicain de la commission des Affaires étrangères du Sénat, Bob Corker, le sénateur démocrate Ben Cardin et la Maison Blanche. Initialement, l’objectif était de l’adopter avant la prochaine échéance de certification de l’accord par le président américain, mi-janvier.

Ce texte préoccupe grandement les partenaires des Américains et notamment les Européens, inquiets qu’il ne fasse s’effondrer tout l’accord. Chaque article sera examiné à la loupe, notamment sur la question très technique des missiles balistiques.

Interrogés mardi par l’AFP, les bureaux des sénateurs Corker et Cardin n’avaient pas encore commenté l’état de leurs discussions.

Afp

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