Thursday, December 1, 2022
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(Contribution) – Diagnostic du sport sénégalais Le pied, l’arbre qui cache la forêt !

Diagnostic du sport sénégalais

Le pied, l’arbre qui cache la forêt 

Le Sénégal est champion d’Afrique. Un exploit rémanent à la face du monde. Un premier titre continental glané depuis l’indépendance. Ce titre est le résultat des années de dur labeur de la part des autorités étatiques, mais aussi des responsables du football. Cependant, plusieurs questions satisfaisantes d’être posées sur la gestion du sport national qui bat toujours de l’aile.

Le football s’est hissé devant, après des années de léthargie. Le 6 février 2022 est gravé à jamais dans les annales. La bande à Sadio Mané, Kalidou Koulibaly, Edouard Mendy a réussi l’exploit. Ils ont battu l’Égypte, sept fois championne d’Afrique. C’était à Olembé Stadium de Yaoundé. Tout le monde était fier de nos Lions, car 3 ans auparavant ils avaient échoué au pied des Pyramides face à l’Algérie de Riyad Mahrez (0-1 en finale au stade international du Caire). Le Sénégal y avait cru, les dirigeants y avaient cru, les joueurs aussi. Finalement, le travail a porté ses fruits.
Récemment, les footballeuses ont réussi la prouesse de faire une belle participation à la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc avec une qualification aux barrages de la Coupe du monde féminin. Un autre exploit à saluer de la part de la Fédération sénégalaise de football.
En dehors des exploits des équipes nationales A et féminine, le désert est trop grand derrière. Les Lions locaux en sont de parfaites illustrations, car étant incapables de se qualifier en finale pour la COSAFA Cup en Afrique du Sud. Malgré leur qualification au deuxième tour des éliminatoires du CHAN, ils sont tristement entrés dans l’histoire pour s’être la première équipe nationale ayant mordu la poussière au Stade Me Abdoulaye Wade de Diamnadio (1-2, contre le Liberia). Cette équipe composée de joueurs du championnat national de football n’ont pas été déterminées à la hauteur des attentes, d’où la remise en question du championnat professionnel de football, dont les clubs ne sont pas en mesure de s’imposer en Afrique.

Le panier en léthargie !
La discipline qui était pendant des années le porte-étendard du sport sénégalais est passée au second plan, la faute à des dirigeants incapables de se réunir autour de l’essentiel, mais aussi à une gestion calamiteuse des équipes nationales masculines et féminines. Qu’est-ce qui expliqueait la mésaventure des Lions à l’aéroport de Turquie, la tarifée d’Alexandrie et les récents championnats d’Afrique de basket-ball ? Pourquoi depuis 1997 (25 ans, sic !), on ne peut plus remporter la CAN masculine ? L’Angola a régné pendant plus de 10 ans, maintenant c’est autour de la Tunisie d’en faire autant, pendant que nous, Sénégalais, dormons paisiblement sous nos lauriers. Chez les filles, la donne a également changé. A part l’exploit de 2015 à Yaoundé, c’est la catastrophe. On nous a battus chez nous, à Dakar Arena flambant neuf. Quelle honte ! Pour ceux qui ont vécu les temps de gloire de nos lionnes. Maintenant, le Nigeria a pris la relève. Au Sénégal, la politique sportive est simple, à la veille des compétitions sur rafistole, prend par ci et par là pour former une équipe et aller compétir. Comment dans de telles conditions on peut s’imposer en Afrique ?

Les arts martiaux, un bonus !
Le Taekwondo, Karaté, Judo, Kung-fu et consorts valent amplement des félicitations, car s’imposant souvent sur l’échiquier continental. Leurs exploits seraient le fruit du travail individuel de la part des responsables de clubs, qui avec ou sans le soutien de l’Etat, se débrouillent pour se préparer.

L’athlétisme, le grand perdant.
Les championnats du monde qui se sont déroulés récemment à Eugene (Oregon, Etats-Unis) ont enregistré une seule participation sénégalaise. Dommage ! Louis François Mendy. Un coup puis s’en va ! Au moins, il a eu la prouesse de participer. Où sont passés nos autres athlètes ? Où est la Fédération sénégalaise d’athlétisme ? Quelle est sa politique ? Pourquoi ne pas retourner à l’athlétisme scolaire et former nos jeunes sportifs dans ce domaine ? Quelle est la politique sportive du ministère des Sports ? Matar Ba, c’est vrai qu’il est le premier ministre des sports à remporter la Coupe d’Afrique de football. Félicitations à lui pour la postérité. Mais sa politique sportive a échoué. Osons le dire haut et fort. Son département n’a pas fonctionné car les résultats sportifs sont quasi absents. Le CNOSS de Diagna Ndiaye, n’en parlons pas. C’est un regroupement de personnes agissant tous les 4 ans pour une participation aux Jeux Olympiques. C’est leur seule mission. Les bourses olympiques pour la préparation des athlètes sont inexistantes. A part, les exceptions El Hadji Amadou Dia Ba et Amy Mbacké Thiam, notre athlétisme est mort sur le plan mondial. Les Sangoné Kandji et autres qui émergent sont laissés à la merci de leurs parents. Comment souhaite-on que cette discipline s’impose ?

Natation, le cirque !
On se rappelle de Jeanne Boutbien, la porte drapeau des derniers Jeux olympiques de Tokyo. Elle est passée à côté de son sujet faute de préparation nécessaire durant les quatre années qui ont entraîné les JO D’autres potentiels médaillés olympiques tels Malick Fall, Khadija Ciss, Binta Zahra Diop existaient dans cette discipline, mais leur prix en charge n’a jamais été aussi sérieuse.

Quelle solution ?
Qu’est-ce qu’il nous faut pour réussir ? C’est la question que les autorités chargées du sport auraient dû se poser… La Gambienne Gina Bass, lvoirienne Marie-Josée Ta Lou s’imposent sur le plan continental au moment où le peu d’espoirs, qui nous restait, disparaissait. La politique d’infrastructures prônée par le Président Macky Sall est en train de prendre forme avec la réalisation du Stade Me Abdoulaye Wade, un complexe sportif ultra moderne et la réhabilitation des quatre stades régionaux dont Léopold Sédar Senghor.
Il reste à mettre sur pied une bonne politique sportive, essentiellement sur les jeunes écoliers pour une formation dès le bas âge. L’exemple américain est très intéressant. Le mixage sport-études apporte ses fruits dans toutes les disciplines sportives. Pourquoi ne pas ramener l’UASSU dans les établissements scolaires et la restructurer d’avantage ? Ça pourrait permettre de tant de jeunes dans les différentes disciplines sportives, d’organiser des compétitions, mais aussi de gérer leurs carrières. Aujourd’hui de nombreux jeunes se perdent car ayant échoué dans les études. Leur apprendre à faire du sport aurait sûrement réglé le problème.

Par Papa Waly NDAO, Louisville (Kentucky, États-Unis)

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