Un cap réaffirmé et une méthode fondée sur l’éthique
Lors de sa Déclaration de Politique Générale face aux députés, le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed LO a tenu à préciser la ligne de conduite de son équipe. Le chef du gouvernement a affirmé que le cap restera inchangé tout en soulignant qu’une révision de la méthode s’imposait. L’action gouvernementale reposera désormais sur une démarche guidée par l’éthique de la conviction, une valeur chère au Président de la République Bassirou Diomaye Faye. Cette vision s’articule prioritairement autour du redressement des comptes publics et du renforcement de la confiance envers un État de droit.
Le diagnostic financier et la rupture avec le cercle de la dette
Abordant sans détour la réalité des finances publiques, le Premier ministre a résumé la situation en constatant que l’ensemble des projets est prêt mais que les ressources financières manquent. Cette contrainte s’explique par les caractéristiques d’une petite économie ouverte dans laquelle l’épargne nationale, fixée à 24 % de la richesse, ne suffit pas à couvrir des besoins d’investissement atteignant 31 %. Pour combler ce déficit, la recherche de ressources extérieures devient inévitable. Ahmadou Alhaminou Mohamed LO a insisté sur l’urgence d’abandonner le cycle traditionnel consistant à souscrire de nouveaux emprunts pour rembourser les dettes existantes, sous peine de perdre la confiance des marchés financiers.
La stratégie de gestion de la dette et les relations avec les bailleurs
Pour redresser la trajectoire financière, la stratégie adoptée repose sur un reprofilage de la dette plutôt que sur une restructuration globale. L’objectif est d’ajuster le service de la dette aux capacités réelles du pays tout en garantissant le respect des besoins de financement. Dans le cadre du règlement des créances, la priorité absolue sera accordée aux dossiers réguliers, avec l’engagement de traiter rapidement une bonne moitié des instances, représentant environ 2 400 dossiers. Concernant les relations avec les partenaires internationaux, le gouvernement affiche sa confiance quant à la finalisation du programme avec le Fonds Monétaire International, prévoyant un passage devant le Conseil d’administration d’ici au dernier trimestre 2026.
La réévaluation réaliste des objectifs budgétaires
Le Premier ministre est également revenu sur le Plan de Redressement Économique et Social intitulé Jubbanti Koom. Malgré une ambition initiale portée à 6 166 milliards de francs CFA sur trois ans, les résultats obtenus sont restés en deçà des attentes. Le chef du gouvernement a illustré ce décalage par l’exemple de la mobilisation des recettes fiscales, où les recouvrements effectifs se sont établis à 173 milliards de francs CFA contre un objectif cible de 303 milliards. Ce constat de lucidité justifie pleinement le recadrage stratégique et la révision de la méthode de gestion engagés par l’exécutif.
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