Dialogue politique – Format des concertations sur le code électoral et le fichier électoral: le Président livre les clés à l’opposition

Le Président Macky Sall veut être au-dessus de la mêlée et a pris sur lui de laisser l’opposition et le ministre de l’Intérieur discuter des différents points d’achoppement liés au code et au fichier électoral.

L’opération est délicate. Voire risquée. La volonté du Président Sall d’arriver à un large consensus sur les questions politiques est clairement exprimée, mais ce n’est pas chose facile à réaliser. Et comme la réussite du dialogue national est étroitement liée à un accord sur des sujets relatifs au Code électoral, au fichier électoral et l’organisation des élections, le chef de l’Etat a décidé de ne prendre aucun risque qui pourrait compromettre l’issue heureuse de sa démarche, jusque-là louée par les forces vives de la Nation. Après que les termes de références du volet politique des concertations nationales ont été révélées (Voir notre édition d’hier), le ministère de l’Intérieur et de la sécurité publique, chargé de piloter ce dossier, a déjà arrêté son format.

Sous la bénédiction du Président Sall, Abdoulaye Daouda Diallo projette de convoquer toutes les formations politiques et coalitions de partis politiques légalement constituées, pour le lancement des discussions. Cette option bénie par Macky Sall n’est pas gratuite, car il s’agit d’éviter des frustrations. C’est pourquoi, dès la semaine prochaine, la Plénière sera convoquée dans un hôtel de la capitale. Il est prévu dans l’agenda qui est aussi susceptible de connaître des modifications, la présentation des questions urgentes qui nécessitent des solutions urgentes, en raison des impératifs de temps. La Plénière devra mettre en place un comité de rédaction des propositions de modifications du Code et fichier électoral. Lequel comité, d’une vingtaine de membres, sera composé de plénipotentiaires des partis de la majorité, de l’opposition et des non-alignés. Le groupe sera complété par les représentants de la Société civile et des organes de supervision, comme la Direction de l’automatisation du fichier (Daf), de la Commission nationale électorale autonome (Cena)… C’est à ce comité d’engager les discussions pour faire les propositions de modification.

Le travail du Comité sera, par la suite, présenté à la Plénière qui devra valider les conclusions. L’on annonce que tous les points d’accord seront consignés, tels que proposés par les plénipotentiaires. Et s’il y a d’éventuels points d’incompréhension, ils seront soumis à l’appréciation du chef de l’Etat, pour arbitrage. Ce format, pour le moment, arrêté par le ministère de l’Intérieur, est une forte recommandation du Président Sall qui tient à ce que les propositions viennent des états-majors politiques. Une manière de leur laisser le choix des armes ou de leur filer la patate chaude. C’est selon. Mais aussi d’éviter des contestations sur le processus électoral. Une prouesse que l’ancien chef de l’Etat, Abdou Diouf, avait réussie avec le Code électoral consensuel de 1992. Et si Macky clonait Diouf ?

LOBS