Macky Sall ouvre la porte à une libération possible de Karim Wade

Un coup de fil d’anniversaire pas anodin. Le président du Sénégal, Macky Sall, a téléphoné à son ancien rival Abdoulaye Wade pour ses 90 ans il y a quelques jours, signe d’un dégel. Et cela pourrait aller plus loin puisque le chef de l’Etat évoque aujourd’hui une possible libération de Karim Wade. Le fils de l’ancien président a été condamné à six ans de prison pour enrichissement illicite l’an dernier.

Remise de peine, liberté conditionnelle, grâce, amnistie : différents recours existent. Certains dépendent de la justice, d’autres sont directement sous l’autorité du chef de l’Etat. Cette annonce sur RFI du président Macky Sall à la question de Christophe Boisbouvier, « Libérer Karim Wade, c’est possible ? », c’est en tout cas un petit coup de tonnerre dans la vie politique locale, mais c’est aussi la continuité du dégel amorcé dans le cadre du dialogue national, entamé samedi 28 mai. Le PDS d’Abdoulaye Wade en froid avec Macky Sall depuis quatre ans a accepté d’y participer.

Amadou Sall, cadre du parti et également avocat de Karim Wade, indique donc qu’il n’est pas étonné de l’annonce du président de la République : « Absolument aucune surprise. Nous avons toujours dit que la solution judiciaire était possible. Nous avons fait des procédures, ces procédures peuvent aboutir. Je ne sais pas si nous le (Macky Sall) remercions ou si nous le félicitons. Nous estimons que notre ami, client, leader et porte-drapeau Karim Wade est innocent des accusations qui sont portées contre lui. Et nous sommes sûrs que le peuple a déjà tranché. C’est ça qui est important ».

Amadou Sall confirme au nom du PDS le dégel avec la présidence, mais il reste tout de même dans sa posture d’opposant politique. Et quoi qu’il arrive, le PDS va attendre une décision officielle sur ce dossier sensible Karim Wade. Il regardera de près le processus judiciaire qui pourrait être utilisé dans le cadre d’une libération, car dans certains cas, le fils de l’ex-chef de l’Etat du Sénégal pourrait perdre ses droits. Or Karim Wade, même en prison, reste le candidat désigné du PDS pour la prochaine élection présidentielle en 2019.

rfi