
Et de trois ! Après les élections d’avril et de septembre dernier, les 6,4 millions d’électeurs israéliens votent à nouveau pour désigner leurs députés ce lundi 2 mars. Ils ont jusqu’à 20h TU pour glisser leur bulletin dans l’urne. Les principaux responsables israéliens avaient peur d’une faible participation. Selon la commission électorale, à 14h TU la participation était plus élevée que lors du scrutin en septembre dernier.
Avec nos correspondants à Jérusalem, Guilhem Delteil et Michel Paul
Sur fond de lassitude, de l’épidémie du nouveau coronavirus et après une campagne agressive dans ces derniers jours, les dirigeants israéliens ont appelé à la mobilisation. Les formations politiques craignaient que les électeurs ne se détournent des bureau de vote, alors qu’elles espèrent un regain de participation par rapport au mois de septembre pour faire la différence sur leurs rivaux. Selon la commission électorale, le taux de participation à 16H00 (14H00 TU) était de 47%, soit près de trois points de plus qu’à la même heure lors des élections de septembre dernier.
Bureaux de vote pour les personnes en quarantaine
Les dix Israéliens atteints par le Covid-19 ne pourront pas participer au scrutin. Des bureaux spécifiques ont été installés pour les quelque 6 000 personnes porteurs du coronavirus mais asymptomatiques et placées sous quarantaine. Benyamin Netanyahu a voulu rassurer les électeurs sur les risques sanitaires. « Les gens peuvent voter en toute confiance », a déclaré le Premier ministre. En tout, 16 bureaux de votes ont été disposés dans 14 villes dans des conditions d’isolement renforcés.
« C’est un système unique pour Israël, explique à RFI le professeur Arnon Ofek, conseiller médical de la commission centrale des élections. On a créé des bureaux de vote pour des personnes qui doivent être isolées à la quarantaine. On a voulu, aussi, leur donner la possibilité de voter. »
Mesures contre les « fake news » sur le coronavirus
Les bulletins de vote sont placés dans des enveloppes doubles et décomptés séparement, sous la supervision d’observateurs et d’auxiliaires para-médicaux. Un système qui a suscité de nombreuses critiques de la part des électeurs concernés qui affirment être traités comme des pestiférés.
Par ailleurs, Israël a pris des mesures pour contrer les « fake news », les fausses rumeurs liées au coronavirus visant à provoquer des mouvements de paniques autour des bureaux de vote. La police a mis sur pied une cellule spéciale pour faire face à cette éventualité.
Rivlin : « Je ressens une honte profonde »
L’opposition, elle, fait de cette élection un choix de société. « Je n’ai pas voté pour un parti mais j’ai voté pour le type de pays que nous voulons voir demain », a estimé Yair Lapid, le numéro 2 de la formation Bleu-Blanc. « Il est temps que nous soyons bien plus unis », a pour sa part lancé Benny Ganz, le chef de file de cette formation centriste.
Mais le président israélien a eu, lui, un commentaire cinglant à l’égard de tous les responsables poltiques. « Je ressens une honte profonde face à vous mes concitoyens, a déclaré Reuven Rivlin. Nous ne méritons pas une nouvelle campagne électorale horrible. »
La plupart des gens arrivent en sachant pour qui ils vont voter. Mais autour de 25% des gens ne sont pas décidés. Donc on essaye de les convaincre de voter pour notre parti.



