Le plus jeune, Ehsan, a 16 ans, sa sœur, Taibeh, 20 ans, et leur frère, Yasin, 22 ans. Tous les trois ont été arrêtés avec leur mère, Atefa Rezaie, vers 5 heures du matin, samedi 15 juin, à Trondheim, au centre de la Norvège, où la famille Abbasi vit depuis 2012. Embarqués par la police à bord d’un minibus, les quatre Afghans ont été conduits à l’aéroport. Direction : Kaboul. Quatre ans après la révocation de leur permis de séjour, les autorités norvégiennes venaient de décider de les expulser. C’était compter sans la mobilisation extraordinaire, bien au-delà des frontières norvégiennes, qui a débuté il y a deux ans, avec l’engagement des camarades des adolescents et une campagne d’Amnesty International. Depuis, la famille Abbasi est devenue un symbole : « Cette expulsion est emblématique des politiques cruelles et déshumanisantes menées par de nombreux gouvernements européens », s’indignait encore Massimo Moratti, le directeur adjoint pour l’Europe d’Amnesty.
« C’est une affaire qui illustre le côté le plus sombre de notre politique inhumaine de l’asile qu’il est largement temps de réformer. » Lars Haltbrekken, député du Parti socialiste.
Deux jours plus tard, le lundi 17 juin, des centaines de jeunes et leurs parents marchent dans les rues de Trondheim. Ils brandissent des cœurs rouges en papier fixés sur des baguettes en bois et témoignent de leur soulagement : les deux frères et la sœur sont sur la route du retour pour la Norvège. Leur mère, inconsciente à son arrivée à la dernière escale à Istanbul, a été rapatriée pour raisons de santé. Les adolescents auraient dû poursuivre le voyage seuls, mais les autorités afghanes ont refusé de les laisser entrer dans le pays. Né en Iran, le plus jeune n’y a jamais mis les pieds. Ses parents, appartenant à la minorité hazara, persécutée depuis des siècles, ont quitté l’Afghanistan quand l’aîné avait 3 ans et sa sœur à peine 1 an.



