Avec près d’un an de retard sur le calendrier prévu, le groupe pétro-gazier Total a annoncé, mercredi, le démarrage de la production à la raffinerie d’agrocarburants de La Mède (Bouches-du-Rhône).
Ce site, l’un des plus grands d’Europe, dispose d’une capacité de production annuelle de 500 000 tonnes de d’agrocarburants, principalement du « biodiesel » pour le transport routier et du « biojet » pour les avions. Fermée en 2015, cette raffinerie de pétrole brut est engagée depuis dans un long processus de reconversion, qui a permis de maintenir 250 emplois directs sur 430. Le site compte également une plateforme logistique et un centre de formation, ainsi qu’un petit parc photovoltaïque. L’essentiel de sa production ira au marché national. La France consomme environ trois millions de tonnes par an de biodiesels. Jusqu’ici, environ la moitié était produite en France, et le reste importé.
Le projet de cette raffinerie suscite une vive inquiétude de la part des écologistes : La Mède fonctionnera pour moitié avec de l’huile de palme d’Asie du Sud-Est. Les ONG estiment que cette importation massive va contribuer à la déforestation, alors que les forêts sont essentielles pour stocker le CO2.
Les ONG demandent plus de transparence
Plusieurs associations, dont Greenpeace et les Amis de la Terre, tentent de faire annuler l’autorisation d’exploitation donnée par le préfet, mais la justice ne devrait pas se prononcer avant le premier trimestre 2020.



