Devant un auditorium du Parc des Princes plein à craquer, Lionel Messi a donné ce mercredi en fin de matinée sa première conférence de presse en tant que joueur du Paris Saint-Germain. Et si on a surtout verni la langue de bois pour dire à quel point on était heureux d’être là et combien on était motivé pour gagner la Ligue des Champions, il y a aussi eu plusieurs choses intéressantes à retenir.
Un petit sourire s’est formé sur le visage de Nasser Al-Khelaïfi au moment où Mohamed Bouhafsi lui a demandé si l’arrivée de Messi rebattait les cartes concernant la prolongation de Kylian Mbappé. Sans doute parce que le président savait déjà le scud à peine dissimulé qu’il allait envoyer à son joueur, qui boude un nouveau contrat dans la capitale à un an de la fin de son contrat. « Le futur de Kylian est à Paris. C’est un compétiteur. Il a dit publiquement qu’il voulait une équipe plus compétitive ? Je pense que là, on n’a pas plus compétitif (rires). Il n’a pas d’excuse pour ne pas rester. » Ou alors il en a d’autres, qui n’ont rien à voir avec le onze de départ.
C’était l’ultime question de cette conférence de presse, un cadeau de nos amis de la Gazzetta dello Sport. Et donc, forcément, une question centrée sur l’Italie, et en particulier sur Marco Verratti. « Est-ce qu’il peut être ce qu’ont été Xavi et Iniesta au Barça pour le Paris Saint-Germain ? » Réponse immédiate de la Pulga : « Sans aucun doute » . « Il a démontré qu’il était un immense joueur, l’un des meilleurs à son poste dans le monde. À Barcelone, on l’a désiré pendant de nombreuses saisons, on voulait qu’il vienne. Aujourd’hui, c’est moi qui vient jouer avec lui. C’est un phénomène. Je l’ai rencontré en dehors du terrain, c’est quelqu’un de fantastique. »
« Merci d’avoir posé cette question, je l’attendais et je vais pouvoir dire les choses clairement » . Nasser Al-Khelaïfi avait un peu marre qu’on dise que son club joue avec les règles financières de l’UEFA. Alors quand la journaliste de la BBC placée juste en face de lui a dégainé la question sur les moyens financiers déployés pour faire arriver Messi, le président parisien a mis les choses au clair : « Nous connaissons les règles du FPF depuis le premier jour, nous les avons toujours respectées et avant de faire quoi que ce soit, nous nous réunissons avec nos équipes juridiques, financières… si on signe Léo, c’est qu’on le peut. » L’exposé est calme, clair, et Nasser Al-Khelaïfi a également insisté sur les retombées commerciales et en termes d’image énormes pour le club, qui amortiront son coup. Un impact qui s’est déjà fait sentir : « D’un point de vue commercial, en trois jours, il faut voir les chiffres : l’impact est incroyable. » Les interminables files d’attente devant les boutiques des Champs-Élysées et du Parc des Princes pour se procurer le maillot frappé du numéro 30 lui ont déjà en partie donné raison. « J’espère quand même que Lionel ne demandera pas une augmentation pour autant » , a-t-il quand même souri.
C’est l’une des curiosités de ce transfert de Lionel Messi au Paris Saint-Germain : l’Argentin va se retrouver à jouer dans la même équipe que Sergio Ramos, un type avec qui il s’est pris le bec un nombre incalculable de fois ces 17 dernières années lors de Clasicos enflammés entre le FC Barcelone et le Real Madrid. Pourtant, aucune question lors de cette conférence de presse n’a porté sur leur future relation en tant que coéquipiers. Il faut dire que le nombre de questions allouées par le club aux journalistes a été très léger : une petite quinzaine, pas plus. On attendra le premier entraînement collectif pour se faire une idée.
Tapi dans l’ombre au fond de l’auditorium du Parc des Princes, il attendait son moment, son heure de gloire. Lui l’Argentin, ancien joueur du Paris Saint-Germain, qui a tant commenté les matchs de Liga du Barça et de Messi sur BeIN Sports a forcément été un acteur majeur de cette matinée un peu dingue. À peine la conférence de presse terminée, il a explosé : comme un ultra en virage, il s’est mis à hurler des « Messi ! Messi ! » , en oubliant qu’il n’avait pas devant lui une tribune remplie de supporters de football mais un parterre de journalistes forcés de conserver un minimum de sérieux (certains ont craqué, avouons-le). Le brave Omar a quand même offert un bon moment de rigolade – ou de gêne, c’est selon. Et a pu repartir bras dessus, bras dessous avec Messi, lui.
So Foot



