Monday, March 4, 2024
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New York fait sa révolution verte : les gratte-ciel se mettent à capturer le CO2

Dans une tentative audacieuse de réduire les émissions de gaz à effet de serre, les gratte-ciel de New York installent des systèmes de capture de carbone. Cette initiative est une réponse à la nouvelle loi municipale (Local Law 97) qui impose des amendes pour non-conformité aux normes environnementales. Les bâtiments sont la plus grande source d’émissions de gaz à effet de serre à New York, représentant environ les deux tiers du total. Par conséquent, les propriétaires de bâtiments sont obligés de faire des coupes drastiques à partir de l’année prochaine ou ils feront face à des amendes croissantes.

Et certains commencent à trouver des solutions pour rendre leur propriété plus écoresponsable. Un exemple de cette innovation est visible dans un immeuble résidentiel de luxe sur l’Upper West Side de Manhattan. Dans le sous-sol de cet immeuble, un ensemble inhabituel d’équipements a été installé. Un dédale de tuyaux et de réservoirs collecte le dioxyde de carbone émis par les énormes chaudières à gaz du système de chauffage central, avant qu’il ne soit libéré dans l’air par la cheminée. De facto le système permet d’empêcher totalement les rejets de CO2 dans l’atmosphère issus de la chaudière.

Pourquoi New York s’intéresse à la capture directe de CO2

Les promoteurs de la capture de carbone voient cette technologie comme une solution viable pour atteindre les objectifs d’émissions sans avoir à forcer les résidents à subir d’importantes rénovations. Car il faut savoir que près de 70% des gratte-ciels new-yorkais restent chauffés par des chaudières au gaz ou au pétrole. Dans certains cas, le dioxyde de carbone capturé est vendu à un fabricant de béton à Brooklyn, où il peut être transformé dans du bêton – un matériau dont la fabrication elle est aussi habituellement responsable d’une grande partie des émissions carbonées du secteur.

Dans d’autres il peut permettre de faire du savon, ou des boissons gazeuses. Brian Asparro, directeur d’exploitation de CarbonQuest, l’entreprise qui a construit le système décrit plus haut, pense que ce type d’approches, à défaut d’être parfait, peut permettre de réduire les émissions plus vite sans trop changer les comportements. “Le temps n’est pas de notre côté, et ce type de solution peut être installé rapidement, de manière rentable et sans perturbation majeure”, explique-t-il.

Il reste bien sûr à voir si la technologie de capture du carbone sera in fine vraiment reconnue par la ville de New York comme un moyen efficace de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Car la ville n’a pas encore pris de décision à ce sujet. Brian Asparro et d’autres tentent donc de persuader les édiles de la pertinence de ce genre d’approches, même si la capture directe est loin de faire l’unanimité.

Pour de nombreux acteurs en effet, la capture directe de CO2 dans l’air ne règle pas le fond du problème. En ne changeant pas les comportements, les habitants et divers acteurs continuent de stimuler le secteur des énergies fossiles, au lieu d’entamer une vraie transition vers des modes de consommations plus propres. En outre, il y a aussi des craintes quant à la sécurité du stockage de grandes quantités de dioxyde de carbone, un asphyxiant, dans une communauté aussi densément peuplée.

Presse citron

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