Le chanteur malien Salif Keita annonce l’annulation de ses prochains spectacles commerciaux en Afrique du Sud, en réaction aux violences xénophobes visant des ressortissants africains dans le pays.
Dans un message adressé à ses “frères et sœurs en Afrique du Sud, et à travers le continent”, l’artiste explique avoir pris cette décision avec “le cœur lourd”, rappelant les liens qui l’unissent depuis plusieurs décennies à l’Afrique du Sud.
“Depuis plus de cinquante ans, l’Afrique n’a pas seulement été un endroit que je visite : c’est qui je suis”, écrit-il, soulignant que l’Afrique du Sud l’a toujours accueilli “comme un frère, pas seulement un artiste”.
Salif Keita dit ne pas pouvoir rester indifférent aux informations faisant état d’actes de violence contre des migrants africains. Selon lui, derrière les débats politiques se trouvent des personnes à la recherche “d’emploi, de sécurité et de dignité”.
L’artiste établit également un parallèle avec l’histoire de la lutte contre l’apartheid. Il rappelle avoir chanté en 1988 à Wembley, à Londres, en hommage à Nelson Mandela, estimant que la lutte contre l’apartheid constituait alors “une lutte commune” pour les Africains.
“Aujourd’hui, cette même conscience me force à prendre une décision douloureuse : j’annule mes spectacles commerciaux prévus en Afrique du Sud”, annonce-t-il.
Salif Keita tient toutefois à préciser que sa décision ne constitue pas un rejet du peuple sud-africain. “Ce n’est pas une réfutation de vous, les gens. C’est une réfutation de la haine”, affirme-t-il.
Tout en reconnaissant les frustrations qui peuvent exister dans la société sud-africaine, le chanteur appelle à ne pas transformer la colère en violence contre d’autres Africains. “La douleur ne peut pas devenir la haine envers nos compatriotes africains”, insiste-t-il.
L’artiste conclut son message par une formule qui résume sa position : “Je ne ferme pas la porte sur l’Afrique du Sud. Je ferme la porte sur la violence”.
Salif Keita assure ainsi qu’il pourra revenir chanter dans le pays lorsque, selon ses mots, “notre humanité partagée gagnera”.
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