Monday, July 15, 2024
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Violence conjugale en France: 102 femmes tuées par leur conjoints en 2020

Les autorités françaises s’engagent à résoudre le problème lié aux violences conjugales.    Le bilan de 2020, année marquée par « deux confinements », souligne le ministre de l’Intérieur, est certes « au plus bas » depuis 15 ans : 102 femmes ont perdu la vie l’an passé contre 146 féminicides en 2019. Mais selon le ministre de l’Intérieur français, Gérald Darmanin, le nombre d’interventions de police et de gendarmerie pour des violences intra-familiales reste très élevé : plus de 400 000, soit 45 interventions par heure. Il ne se passe pas une journée sans que le GIGN ou le Raid aille libérer une femme ou des enfants pris en otage. Ces violences, note le ministre, « sont en train de devenir le premier motif d’intervention des policiers et gendarmes ».

Ce dernier a fait des annonces: il veut que le traitement des plaintes pour violence conjugale soit prioritaire partout en France avant d’indiquer que chaque département sera muni d’équipes spécialisées dans la lutte contre ces violences conjugales.

En outre, dans chaque commissariat ou chaque brigade, un officier spécialisé dans ce domaine sera chargé du bon suivi des dossiers. Pour faire face à un nombre accru de procédures (193 000 l’an dernier), Gérald Darmanin promet de favoriser le recrutement d’officiers de police judiciaire. Actuellement, il en existe 17 000 au sein de la police nationale : le ministre veut augmenter ces effectifs de 25%.

Le locataire de la place Beauvau rappelle aussi que la consigne donnée aux policiers et gendarmes est de faire un signalement au procureur, l’objectif étant que 100% des constatations se transforment en plainte ou signalement.

Par ailleurs, concernant les armes à feu par lesquelles meurent un tiers des femmes, le ministre souhaite que le fichier des personnes mises en cause pour violences intra-conjugales soit connecté à ceux des possesseurs d’armes et d’interdits de port, et que les forces de l’ordre les consultent « systématiquement ».

« Cela permettra, dit-il, de vérifier si un mis en cause » pour de tels faits de violences « est détenteur d’une arme et donc de la lui retirer, sans même le témoignage de sa conjointe ».

Gérald Darmanin tire également les leçons du féminicide de Mérignac, le 4 mai dernier, particulièrement atroce, pour lequel il avait demandé une mission d’inspection. Le rapport avait conclu à une multitude de manquements qui avait conduit à ce que Chahinez, 31 ans, soit brûlée vive dans la rue par son ex-conjoint, après qu’il lui avait tiré dans les jambes pour la faire tomber.

Le ministre de l’Intérieur avait alors demandé à la mission d’inspection un nouveau rapport pour identifier les responsabilités. Remis la semaine dernière au Premier ministre, il n’a pas été rendu public.

Alors que le Canard enchaîné a révélé qu’un policier ayant pris une des plaintes de Chahinez avait été lui-même condamné pour violences conjugales et était en attente d’un passage en conseil de discipline, le ministre qualifie cette situation « d’inacceptable ». Il annonce avoir demandé au patron de la police nationale de saisir l’IGPN, la « police des polices », qui devra remettre son rapport dans six semaines.

Le ministre demande en outre que les conseils de discipline se réunissent « sous trois mois maximum » dans ce type de cas et que le policier concerné ne soit « plus en contact du public » dans l’attente d’une décision du conseil.

 

Sunuafrikradio avec RFI

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